Cinema
« Y’a pire ailleurs »: Najac, le village fétiche de Jean Henri Meunier

« Y’a pire ailleurs »: Najac, le village fétiche de Jean Henri Meunier

11 mars 2012 | PAR Melanie Bonvard

Y’a Pire Ailleurs est le troisième long métrage de Jean Henri Meunier sur ce petit village de France qu’est Najac. Sans prendre aucun parti, le film ouvre les portes d’un monde complètement hors du temps : il laisse alors perplexe. Sortie le 21 mars.

Pendant un temps, Meunier a filmé les villageois de Najac au quotidien. On découvre alors un endroit méconnu de tous, sauf de ceux qui y habitent. On se croirait entrés dans un monde parallèle et coupés de tout. Ici, les habitants ne savent pas se servir …. d’un téléphone portable. On le redoutait, on s’est surpris à ne pas vouloir y croire mais, à notre plus grand désespoir, l’archétype de l’individu de race campagnarde dépassé par son époque  existe bien. Le metteur en scène ne parle ni du village, ni des habitants et de leurs traditions… Bref, nous sommes loin d’avoir envie de se rendre à Najac comme Agnes Varda nous donnait envie de partir à La Pointe Courte avec son film éponyme. En regardant Y’a Pire Ailleurs on remarque que, oui, il y a bien pire ailleurs.

Le réalisateur aurait pu apporter un point de vue sur ces personnes qu’il filme: montrer ce qu’il pense de ce qu’il observe, montrer ce que ces gens pensent de leur mode de vie ou du mode de vie de « l’autre monde ». Mais il n’en est rien et tout le processus de l’œuvre reste passif. Meunier semble plutôt filmer le village comme un long métrage personnel. Lui même affirme qu’il a voulu faire ceci: « Comme ça, pour le pied, comme un film de famille ». Sauf, qu’il s’agit du film d’une famille où le spectateur ne se sent pas invité… On aurait préféré un approfondissement des quelques minutes intéressantes du film: celles où le metteur en scène surprend les villageois alors qu’ils apprennent l’attentat du 11 septembre 2011. On les voit sidérés, ne comprenant pas pourquoi tant de haine dans un monde où tout pourrait être si paisible… L’un des villageois s’exclame: « La planète elle tourne, elle tourne, elle tourne… Mais elle finira par mal tourner. » On jouit alors d’un débat qui semble s’ouvrir, d’une pensée qui se déclare enfin à haute de voix dans le film mais à peine la parole est prise que l’on passe à autre chose. Et Meunier semble préférer continuer de filmer la vie (peu palpitante) des habitants de Najac, donnant l’envie au spectateur d’être végétarien tant la vue d’un cochon abattu et charcuté est difficile.

Sans aucune poésie, fil conducteur ou parti pris Y’a Pire Ailleurs aurait pu avoir de bonnes idées, si seulement Meunier les avait approfondies.

 

 

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