Danse

Quand le Tchad rencontre le Hip Hop-Le chorégraphe Farid Berki met en scène Deng Deng à la Maison des Métallos

26 mai 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis quelques années , le chorégraphe Farid Berki confronte des styles, des disciplines mais aussi des cultures. « Deng Deng » cela veut dire « différent ». Sur scène, trois danseurs époustouflants , Ali Kouldjingar, Yaya Sarria, Rodrigue Ousmane et un DJ aux mains d’or , Malik Berki. Une totale réussite à découvrir rapidement à la Maison des Métallos.

Ce n’est pas juste un mouvement qui est montré ici, c’est un manifeste. Nous sommes plongés dans l’histoire du Tchad et plus largement de l’Afrique par le biais de la danse Hip Hop transcendée ici par des mouvements empruntés à la danse africaine. Le décor est de fortune, sommes -nous dans un campement ? en prison ? Quelques jericans en guise de guirlande, un bidon en métal, quelques toiles tendues dont l’une est constellée de casques militaires en papier. Le casque c’est surtout celui de l’ONU que les danseurs se refilent tour à tour devenant le colonisateur, le colonisé, l’ami, l’ennemi, l’allié, l’opposant.

Ces trois danseurs d’âges et de religions différentes viennent dire la difficulté du vivre ensemble dans un pays aux luttes intestines. Le vecteur utilisé est celui de la danse époustouflante de ces artistes montés sur ressorts. Les portés, sublimes, sont l’occasion de montrer des rapports de soumission, les mouvements d’épaules d’une rapidité folle les font devenir militaires. Les corps qui tremblent sont l’allégorie de ceux tombés sous les tirs.

Malik Berki mixe habillé en homme d’affaire occidental. Il est en fond de scène et sous les toiles. Il offre une litanie aux basses coups de poing et aux accents mystiques pour une création musicale de haut vol simplement magnifique . Dans sa partition, il vient aussi dire les différentes questions identitaires qui balaient le pays en proposant des sons aux origines plurielles.

Deng Deng est une petite merveille chorégraphique et politique à découvrir seulement jusqu’au 25 mai

Jusqu’ au 29 mai à 20h Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud – 75011 Paris , Réservation : 01 47 00 25 20, à partir de 9 ans, entrée payante : 13€,tarif réduit : 9€

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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