Danse

« La Mégère apprivoisée », chorégraphie et mise en scène de Jean-Christophe Maillot exécutées par les Ballets de Monte Carlo

« La Mégère apprivoisée », chorégraphie et mise en scène de Jean-Christophe Maillot exécutées par les Ballets de Monte Carlo

02 janvier 2018 | PAR Raphaël de Gubernatis

En juillet 2014, cet ouvrage inspiré de la comédie de Shakespeare était créé par Jean-Christophe Maillot pour le Ballet du Théâtre Bolchoï, à Moscou. Cette indéniable réussite de « La Mégère apprivoisée », accompagnée de pages de Dimitri Chostakovitch, avait valu à son auteur les ovations du public russe et trois « Masques d’or » pour la chorégraphie et pour ses deux principaux interprètes. Aujourd’hui, et cette fois-ci pour sa propre compagnie, les Ballets de Monte Carlo, Jean-Christophe Maillot reprend son œuvre en la modifiant, avec des costumes redessinés, mais toujours dans la belle et sobre scénographie pensée par Ernest Pignon-Ernest.

    Trois ans et demi après la création de « La Mégère apprivoisée » de Jean-Christophe Maillot par les danseurs du Théâtre Bolchoï (voir article du Nouvel Observateur), ce sont les danseurs des Ballets de Monte Carlo qui reprennent la chorégraphie du directeur de la compagnie monégasque. En remontant son ouvrage, Maillot l’a quelque peu modifié et sans doute adapté au tempérament de nouveaux interprètes, très différents de ceux qui assurèrent la création à Moscou. Dansé sur une partition habilement composée par le chorégraphe lui-même avec des pages de Dimitri Chostakovitch, l’ensemble demeure vigoureux, voire spectaculaire, à l’image du premier tableau, extrêmement vivant, qui représente un déploiement de complexité technique, sinon acrobatique, explosant sur un rythme effréné. Et la chorégraphie est remarquablement exécutée par les Ballets de Monte Carlo.

    

Cependant, on ne retrouve pas dans cette nouvelle version la puissante impression qu’avait offerte le même ouvrage quand il était dansé par les artistes russes, alors que le Ballet du Bolchoï était invité à Monte Carlo, il y a trois ans.  Aussi louable que soit l’interprétation des deux personnages principaux au joli talent de comédiens et à l’indéniable élégance, Ekaterina Petina (Catharina) et Matej Urban (Petruchio), tout comme l’ensemble de leurs camarades d’ailleurs, elle manque sans doute de cette théâtralité profondément ancrée chez les danseurs russes, pour le meilleur et pour le pire, de ce lyrisme qui fait vibrer les personnages qu’ils interprètent. Comme si la tension dramatique s’était émoussée lors de cette reprise, comme si la mise en scène avait perdu de sa vigueur primitive.

Toutefois, au début de la seconde partie du ballet, la scénographie d’Ernest Pignon-Ernest, magnifiquement mise en valeur par les lumières de Dominique Drillot, demeure saisissante. Accentué par des effets de marbrure ruisselante, l’aspect fantastique de cette forêt de piliers force l’admiration. Et tout ce second volet de « La Mégère apprivoisée » offre de surcroît plus de force et d’allant que le premier.

Raphaël de Gubernatis

Photos : Alice Blangero

« La Mégère apprivoisée », chorégraphie et mise en scène de Jean-Christophe Maillot interprétées par les Ballets de Monte Carlo et accompagnées par l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo. Forum Grimaldi. Jusqu’au 5 janvier 2018      

  

 

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