Danse
Maxime Cozic est au festival Plein Phare avec « Emprise », un premier solo tendu et puissant !

Maxime Cozic est au festival Plein Phare avec « Emprise », un premier solo tendu et puissant !

22 novembre 2022 | PAR Chloé Coppalle

Emprise, c’est le thème choisi par Maxime Cozic pour son premier solo. Datant de 2020, la création joue sur un rapport au corps contenu, exigu, empêtré dans des danses au sol empêchant le corps de se déployer. Un travail de maîtrise colossal, marqué par la souplesse du chorégraphe. 

Emprise ou la danse d’un corps en surtension

Quand Maxime Cozic arrive sur scène, dans un univers gris, noir et bleu foncé, on se demande à quoi s’attendre. L’artiste semble bloqué dans un espace lumineux en carré. La lumière ne lui fait pas le cadeau de l’éclairer. Statique, il est dans l’ombre. Pour être mieux vu, il doit relever la tête. Et puis, ça commence. À partir de là, le danseur expose la couleur : la chorégraphie sera celle d’une lutte. Sa gestuelle si saccadée peut tendre à dessiner les démons qui composent l’Emprise. On est impressionné par l’extrême souplesse de Maxime Cozic, qu’il met au service de mouvements raides et secs. Emprise est une danse en tension, en torsion, où poignets et coudes se tordent. Le spectacle est présenté comme une exploration « des gestes qui échappent d’abord au contrôle, qui pourraient trahir par exemple un complexe, et qu’il s’agit tout autant de contenir, de ramener dans la maîtrise d’une modulation des tensions » (dossier de presse). En effet, il est clair que le corps n’a pas d’échappatoire, qu’il est surcontrôlé dans un espace où rien ne doit dépasser. 

L’espace en carré qui ouvrait le spectacle annonce l’idée de limites. Le danseur est en maîtrise permanente de ses gestes, dont il refoule les libertés. Il y a une impression constante de délimitation. Ainsi, même si la chorégraphie se déploie au cours du spectacle sur toute la scène, ce carré central marque souvent un point d’ancrage vers lequel le danseur revient. Seul en scène, Maxime Cozic prend toute notre attention et nous entraîne dans ce qu’il raconte.

Un univers hip hop qui fonctionne

Parfois, le danseur ressemble à un objet articulé, comme un robot dans une boîte. Dans Emprise, Maxime Cozy explore les gestes d’un corps à l’aspect mécanique voire électronique grâce à certaines tonalités digitales. La chorégraphie fonctionne avec l’univers musical hip hop et moderne créé par Jimmy Febvay. Cet accompagnement apporte un rythme soutenu à un spectacle sans mouvements lents. Du hip hop, l’artiste reprend de nombreux mouvements au sol, qui semblent davantage canaliser le corps dans l’espace. Parallèlement à cette musique, le souffle du chorégraphe est perceptible et accentue un sentiment de dureté imposée. La fatigue de la lutte corporelle comme de la fatigue émotionnelle.  

En somme, le spectacle est un solo de 20 minutes en surtension qui représente l’emprise qu’on a dans la tête par une lutte avec son propre corps. Un corps du danseur qui pourrait aussi être le nôtre. Écrit en 2020, la rédaction avait suivi sa représentation à la 26e édition du festival d’Uzès l’année dernière, et on est ravis de le retrouver cette année ! Le danseur est aussi à voir dans NÄSS, de Fouad Boussouf, les mercredi 23 et jeudi 24 novembre à 20h, également dans le cadre du festival Plein Phare 

Chorégraphie, interprétation Maxime Cozic
Création musicale Jimmy Febvay
Création lumière Lucas Baccini
Production Cie Felinae
Coproductions KLAP Maison pour la danse – Marseille ; Pôle Arts de la Scène – Friche la Belle de Mai – Marseille ; CNDC d’Angers, Le Port des Créateurs – Toulon
Prêts de studio CNDC d’Angers (accueil studio), Pôle de développement chorégraphique Masson / Montpellier (Espace Bernard Glandier), Le Port des Créateurs – Toulon Avec le soutien financier de la mairie de Toulon.

1ère édition du festival Plein Phare, le Havre
– Samedi 19 novembre à 19h – CNN
– Dimanche 20 novembre à 16h  – CNN

Visuel : © Cie Felinae

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Chloé Coppalle

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