Danse
Les poupées mécaniques d’Anne Nguyen sont les plus belles pour aller au Bal.Exe

Les poupées mécaniques d’Anne Nguyen sont les plus belles pour aller au Bal.Exe

03 avril 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les facs de sciences seraient-elles toutes des viviers pour chorégraphes talentueux, Xavier Leroy, Eric Arnal Burtschy et Anne Nguyen ont des CV impressionnants. Cette dernière qui s’est intéressée à l' »Equipe Ecologie évolutive et Biologie des populations d’insectes » nous invite à une rencontre entre deux spécimens, les musiciens classiques et les danseurs hip hop pour son Bal.exe à voir au festival Hautes Tensions de la Villette les 5 et 6 avril.

[rating=4]

C’est au Théâtre 71 que le spectacle était présenté hier soir dans une salle bondée d’ados survoltés. Le silence se fait intense dès que Guillaume Connesson lance une improvisation très jazz autour de « Disco Toccata », surgit alors un danseur, devrait-on plutôt dire une marionnette qui se met à faire du Popping, entendez une version du Smurf, hachée, cadencée. Le geste est mécanique.

Dans un système de fondu enchaîné, un violoniste viendra jouer l’Allegro de la Sonate n°2 pour violon seul BWV 1003/Alto de Jean-Sébastien Bach, un autre s’emparera de la Sonate du Rosaire n°16 « L’ange gardien », ensuite, les musiciens se réuniront en quintette pour Quintette pour clarinette et cordes en si mineur op.115.

Huit danseurs vont, sous l’effet des cordes, se mouvoir. Ils sont d’anciennes poupées à vendre, en témoignent les étiquettes qui pendent de leurs costumes amidonnés. Ils sont les figurines des boites à musique que l’on remonte à la main et dont le geste s’épuise à la fin.

Leur geste est frénétique et pourtant extrêmement cloisonné. Si la musique de chambre est, elle, mélancolique et poétique, ici, magistralement jouée par l’orchestre régional de Normandie, les danseurs eux saccadent le mouvement. Ils offrent des suites de gestes comme dans un programme informatique qui s’exécute, dont le nom est prolongé du fameux .exe qui ici s’ajoute au Bal.

Il y a beaucoup d’humour dans cette pièce qui fait dialoguer les mondes dans un comique de répétition efficace. On éclate de rire quand, comme dans les battle de rue, un danseur se met à imiter le pas de Jockey du Gangnam style. La confrontation n’est pas neuve, on pense à Partita 2 qui mettait sur scène les danseurs contemporains Anne Teresa de Keersmeaker et Boris Charmatz, mais elle est ici délicieuse. Le Bal nous emporte et nous happe, et l’on aurait fort envie de tourner la clé pour revoir encore ces interprètes automates absolument épatants.

visuel : bal.exe @ Claude Boisnard

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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