Danse
Les mamies en transe de Eun-Me Ahn déchaînent Paris Quartier d’Eté

Les mamies en transe de Eun-Me Ahn déchaînent Paris Quartier d’Eté

07 août 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dancing grand mothers est un spectacle intergénérationnel, dit comme cela, vous allez fuir et vous auriez tort. Allez, on vous en donne plus : Eun-Me Ahn était une amie de Pina Baush qui l’a régulièrement invitée à présenter ses chorégraphies à Wuppertal. Encore plus ? Il y a ici des boules à facettes et une reprise de « Tombe la neige » en coréen. Alors ?

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Euh-Me Ahn est une performeuse hors pair mais également très respectée, celle qui a chorégraphié le spectacle d’ouverture de la coupe du monde 2002 a aussi en son temps défoncé un piano à coups de hache. A Paris, elle vient au Théâtre National de la Colline présenter un parcours au sens premier du terme qui lui aura fait traverser la République de Corée.

C’est elle qui nous accueille, en tenue très bariolée, d’une danse lente en même temps que joyeuse, alors que défile derrière elle une route qui s’enfonce dans les villages de son pays. Bientôt, presque à la façon d’Olivier Dubois pour Tragédie, mais version habillée, ou de Hofesh Shechter, pour son Sun, mais dans une version moins défoncée, une transe s’opère. Techno à fond, personnages nombreux mais seuls, infiniment seuls, qui ne se touchent jamais et qui pourtant sont transpercés de bonheur. Ils offrent une danse simple, trop simple envoyant un message qui semble déjà dire au spectateur : tout le monde peut danser. Leur geste est fait de légers rebonds dans une esthétique propre aux danseurs non professionnels de musique électronique. On ne peut pas être dupes. Il se passe quelque chose ici, Eun-Me Ahn veut nous amener quelque part et chose très appréciable pour le spectateur, on ne sait pas où.

Ensuite, le sens vient. Les gestes vus sont ceux que des « grands mères » rencontrées sur la route. Elles dansent,  devant nous, en vidéo, dans leur environnement, le plus simple soit-il,  sans le son mais avec l’énergie. Là, le spectacle a changé sans que l’on s’en rende compte. La solitude laisse place au groupe et doucement,  mais dans un geste étonnamment vif, le plateau devient un lieu de rencontre entre les ages et entre les formes de danse. La compagnie excelle maintenant, dans des numéros qui se concurrencent chacun dans une version kitsch et populaire de la danse telle qu’on peut la pratiquer en boite ou la voir dans des shows télé. Les costumes se déploient encore plus dans une volonté nette de troubler les genres et de s’amuser, mention spéciale pour un groupe en rose bonbon. Mais  Eun-Me Ahn est une orfèvre et en un seul geste elle nous arrête et laisse tomber la joie. Elle jette ses danseurs dans des convulsions, en laissant un au sol dans des ronds de lumières personnels. Il y a ici cette force d’alternance propre à toutes les fêtes où les  sursauts d’émotions nous saisissent sans que l’on s’y attende.

Eun-Me Ahn  nous invite à danser, vraiment, avec elle et sa troupe composée de danseurs et d’amateurs plutôt âgés, les boules à facettes sont de sortie, la musique est démente, alors,  allez y, dansez, c’est de la danse que vient le bonheur.

Visuel : ©Young-Mo Cheo

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One thought on “Les mamies en transe de Eun-Me Ahn déchaînent Paris Quartier d’Eté”

Commentaire(s)

  • lilac

    J’ai rarement vu un spectacle aussi nul; c’est pas parce que cette chorégraphe aurait été invitée par pina Bausch qu’elle deviendrait subitement talentueuse ou intéressante…

    août 26, 2014 at 15 h 30 min

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