Danse
La solitude dansée au Théâtre de la Ville : <em data-lazy-src=

La solitude dansée au Théâtre de la Ville : Brilliant corners d’Emanuel Gat

05 avril 2013 | PAR Marie Boëda

Gat 2JPG Le chorégraphe Emanuel Gat est pour la première fois invité sur la scène du Théâtre de la Ville du 2 au 6 avril 2013. Dans « Brilliant corners » la solitude de chacun croise celle des autres et témoigne de l’interdépendance qui naît de ces rencontres. 

Un décor sobre, vide. Seul un carré de lumière met les danseurs en évidence. Au premier tableau ils sont tous de dos. Côté à côte les 9 danseurs de la pièce vont se déplacer entre figures dansées et gestes de tous les jours sans se regarder. Les premières minutes sont silencieuses, on entend seulement le bruit de pas des danseurs. Cela évoque une autre création d’Emanuel Gat « Silent Ballet » en 2008 dans laquelle aucun élément extérieur de décor et de son n’encombrent la scène. Seul le déplacement des danseurs est audible. Mais dans « Brilliant corners« , la musique se déclenche rapidement et provoque une agitation dans les mouvements des interprètes. En tenue de tous les jours, tee-shirt, short, pantalon aux teintes claires, ils se rencontrent, s’affrontent et parviennent parfois à être en harmonie. En groupe, seuls ou en duo, ils se séparent et se retrouvent et dévoilent la complexité des relations. Les solitudes individuelles qui se rencontrent semblent être touchées par la présence de la musique ou du silence. A la fin de la pièce, la musique revêt un aspect plus fort, sa présence s’impose de plus en plus et les danseurs en viennent à se boucher les oreilles pendant un instant. Les uns se renferment sur leur solitude, les autres s’entraident.

Gat 3

Le public qui avait déjà pu voir cette oeuvre créée à Montpellier a l’occasion d’assister à l’évolution d’une danse dans laquelle la personnalité de chaque danseur se démarque tout au long du spectacle. L’intérêt de ce processus de création est que le chorégraphe ne cherche pas à contrôler le résultat final du spectacle. C’est ainsi qu’une dynamique entre les danseurs tend à se créer et invite à redécouvrir sans cesse cette chorégraphie. En hommage au titre d’un album du musicien Thelonious Monk, « Brilliant corners » est une juxtaposition de rythmes contraires : vide et plein, gestuelle rapide et arrêtée. Entre danse au sol et danse debout, la pièce fait penser à de la danse urbaine. Au dernier tableau, une danseuse et un danseur se rencontrent, se répondent et interagissent reflétant l’interdépendance qui unit les danseurs isolés. En s’intéressant aux liens qu’entretiennent les individus entre eux, aux énergies et dynamiques qu’ils génèrent, Emanuel Gat propose une métaphore de la relation humaine.

Visuel (c) : autorisation Théâtre de la Ville

 

Infos pratiques

Centre Pierre Cardinal (festival Les Musicales)
Le Théâtre de l’Athénée
Marie Boëda

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *