Danse

[Festival d’Avignon] « Matter » : Julie Nioche éclabousse avec ses communiantes

[Festival d’Avignon] « Matter » : Julie Nioche éclabousse avec ses communiantes

21 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Danseuse, musicienne et ostéopathe Julie Nioche fait enfin son entrée au Festival d’Avignon. Elle avait certes participé à un sujet à vif flamboyant aux côtés de Christophe Huysman, et on l’avait retrouvé sur le plateau de La belle scène saint Denis, le lieu le plus In du Off, avec Sir Alice. Mais là, c’est avec Matter, qu’elle recrée pour l »occasion, qu’elle amène sur scène quatre filles pas si blanches.

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Le plateau est comme plastifié et ponctué de rigoles. Elle vont entrer progressivement et être revêtues, avec l’aide de l’habilleuse d’une robe de papier. Chaque danseuse  a une robe différente, qui tient légèrement par quelques tranches de scotches ou des agrafes.

Julie Nioche est une poetesse du geste. On se souvient d’elle suspendue dans Nos solitudes, un conte onirique pour funambule endormi. Ici, les quatre apparaissent comme des nones lubriques, dont le vetement disparaitra, sera avalé par l’eau qui tombe en trombes. Les filles sont en culotte noir, seins nus, les cheveux mouillés. La liberté est là, chacune leur tour, sans se parler. Et pour cause, Matter a été créé de la sorte : ce sont quatre soli, chacun est pensé par la danseuse, dans son pays : la France, la Norvège, la Turquie, le Maroc. En fonction de chaque identité, la robe change : visage caché ou non, cheveux voilés ou non.

La danse est un mélange de statique et de glisse maîtrisée. Le sol est plein d’eau ce qui empêche toute circulation normée. La danse de Julie Nioche n’est jamais confortable, elle est toujours contrainte mais sans violence. Le beau est là, le rire aussi.

Elles ressemblent à des bonnes sœurs mais elles peuvent être tout ce que vous projetterez sur leur feuille blanche. Le spectacle offre une progression parfaite, dans une lumière maîtrisée, jusqu’à une explosion clair-obscur tout à fait exutoire.  On les préfère dénudées que contraintes ces filles-là !

Retrouvez le Dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction.

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