Danse

Dub Love, le sound system à la pointe de François Chaignaud et Cécilia Bengolea

Dub Love, le sound system à la pointe de François Chaignaud et Cécilia Bengolea

29 novembre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Yeah man !!!! Quel show ! On le sait, le duo de chorégraphes et danseurs formé par François Chaignaud et Cécila Bengolea a le goût de l’enquête. Ils explorent sans cesse les danses du peuple pour en restituer toute leur beauté. Dub Love, présenté au festival Les Inaccoutumés, a eu l’effet d’une bombe. Voyage dans le temps et dans l’espace assuré.

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François Chaignaud a planqué sa cascade de cheveux dans un chignon, il porte un académique de ballerine classique et des pointes roses et enrubannées aux pieds. Dans la salle de danse de la Ménagerie de Verre, celle située au premier étage, un mur d’enceintes est posé sur le plateau. Aux platines, on trouve High Element, le compositeur de Dub plates réunionnais. Chaignaud, va venir s’accroupir, tout en restant sur ses pointes, et lentement va sortir de la posture par une extension de bras pour se déplacer avant de s’y replonger. Il offre un alignement parfait d’une force athlétique et plastique immédiate. Surgit bientôt de derrière les murs Anna Pi, recroquevillée, elle aussi en académique et pointes, qui avance comme un insecte. Elle sera suivie de Cécilia Bengolea qui, elle, viendra tourner sur elle-même, comme une figurine sur une boîte à musique.

Tous sont vêtus comme les pions d’un ballet qui auraient abandonné leurs tutus lors d’une révolution, en signe d’appartenance. Ils ont le corps ponctué de légères bandes métallisées. Et c’est parti pour un tourbillon qui puise son énergie dans l’image d’une fin de soirée où les derniers, au petit jour, sont collés aux basses, dans une posture qui veut dire : « encore ! ». Le son est dément, envahissant à la fois sombre et techno, absolument envoûtant.

L’énergie déployée est une suite logique de Altered natives’Say Yes to Another Excess -TWERK – où dansait déjà Ana Pi, qui venait explorer le voguing. La chorégraphie, en revanche, nous ramène plutôt au travail sur les Danses libres que François Chaignaud avait présenté à Avignon en 2011. Il s’agissait de réhabiliter cette danse qui avait fait la transition entre le classique et le contemporain. Il se dégage de Dub Love une sensation de prouesse, de douleur et de joie. Tout comme dans Partita II, qui se donne actuellement au Théâtre de la ville, le décalage est parfait entre le costume et la musique. On n’attend pas des danseurs en académique sur un énorme sound system, et ça en jette d’autant plus.

Ce que font ces trois-là tient de l’exploit, ils vont au-delà de que qu’un corps peut supporter, ils transmettent l’enivrement et la sensation de défonce. Et d’un coup, l’image se fige, celle d’une ronde, précisément celle de La Danse de Matisse. Encore une fois, Chaignaud et Bengolea réussissent à faire dialoguer les époques et les milieux. Dublove avale nos oreilles et nos yeux pour aller loin, toujours plus loin. Un spectacle cosmique.

Visuel : Dub Love – François Chaignaud et Cecilia Bengolea © Pascal Victor – ArtComArt – libre de droits en presse régionale et web

Dub Love était présenté dans le cadre du festival les Inaccoutumés. On pourra retrouver François Chaignaud lors d’un solo au Café A dans le cadre du Festival d’Automme – Dumy Moyi, du 4 au 8 décembre.

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

2 thoughts on “Dub Love, le sound system à la pointe de François Chaignaud et Cécilia Bengolea”

Commentaire(s)

  • Dupe

    Vous êtes en train de décrire ce qu’on pourrait voir et encore dans les photos. C’est très ennuyeux. Mais de quoi cela parle? Sinon d’une description par laquelle vous vous faites bien plaisir. En 7, 8 ans je voudrais m’attendre mieux d’eux. Signé « Vive les dupes »

    décembre 13, 2013 at 0 h 28 min

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