Danse

Les destructions sans espoir de Phia Ménard en clôture de Montpellier Danse

Les destructions sans espoir de Phia Ménard en clôture de Montpellier Danse

05 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Phia Ménard présente le volet 1 de ses Contes immoraux à Montpellier danse : une destruction qui nous laisse impuissants.

Phia Ménard malaxe souvent les matériaux pauvres. On se souvient de l’incroyable L’après-midi d’un foehn où dansaient les sacs-poubelle. Ici, une nouvelle fois, elle questionne les transformations les plus basiques qui deviennent avec elle les plus agressives.

Alors, il faut vous raconter ce que l’on voit. Elle ressemble à une SDF en version punk : collants résilles rouges explosés et yeux Invisibles car extrêmement maquillés en noir, cheveux très blonds presque blancs. Elle veut en découdre, et on imagine pas seulement avec le tas de cartons qui est pour l’instant, déposé à plat devant elle.

Elle attaque autant armée que le capitaine crochet et se met à construire. Mais construire quoi ? Un abri, un espoir ou un avenir. Nous allons tout de suite vous rassurer tout ça ne finit pas bien.

Maison Mère est le titre de ce volet 1 des Contes Immoraux. Il est suivi de Temple Père et La rencontre interdite.

Ce que l’on voit est la chute de la maison mère. Celle de la maison du grand père de Phia détruite en 1943 précisément. Tout part de là, de la maison de famille qui n’existe plus. Une fois les fondations cassées, comment sortir de la boue avec un peu de structure ?

Quand la pluie se met à tomber, à Nantes en 1943 ou sur la scène du studio Bagouet de Montpellier Danse, les références se mélangent au fur et à mesure que Phia éprouve la violence du temps. Camps de réfugiés, destructions personnelles, on pense à tout. Et l’on pense aussi qu’une fois tout volé, tout détruit, il ne reste qu’une chose à faire : avancer vers autre chose pour être soi.

A noter : n’hésitez pas à arriver une belle demi-heure en avance pour pouvoir profiter de l’installation que le festival offre à sa muse Trisha Brown, disparue en 2017, autour du dessin It’s a draw qu’elle a offert à Montpellier Danse à l’issue de la représentation de la pièce éponyme le 1er juillet 2002.

A voir le samedi 7 juillet à 18h au Studio Bagouet, 18 Rue Sainte-Ursule,
Montpellier.

Visuel :©Maisonmere C JeanLucBeaujault 16

Infos pratiques

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Festival international de théâtre de rue d’Aurillac
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