Danse

La concordan(s)e des gestes et des mots

La concordan(s)e des gestes et des mots

24 mars 2018 | PAR Mariama Darame

Pour sa douzième édition, et jusqu’au 14 avril, le festival Concordan(s)e réitère sa formule gagnante : un chorégraphe et un écrivain composent à quatre mains une performance scénique inédite. Face au public, ils rendent compte de leurs échanges, riches et originaux. Et interpellent sur la synergie inattendue entre danse et écriture.    

Joyeusement déroutant. Vendredi dernier, dans l’une des salles du Carreau du Temple, Frank Micheletti et Charles Robinson  ont fait sensation. Au sens littéral du terme. Pendant une demi-heure, le chorégraphe et le romancier ont agité les sens des spectateurs, dans leur narration décousue d’un monde chaotique. « The Spleen » est un spectacle à la fois décapant et terriblement d’actualité. Un futur proche de nous, où les humains sont devenus des carcasses, bouffés de l’intérieur par un monde où la technologie étouffe les émotions. La mise en scène fascine : machines improbables, jeux de lumières, musique futuriste, personnages dérangés et dégenrés…  Les deux artistes sont maitres en leur monde. Ils s’accordent pour faire vivre chacun de leurs mots sous les impulsions de leurs corps. Transcendé par une énergie libidinale, le duo exulte dans cette performance scénique.

Lorsqu’ils cèdent la place à la chorégraphe et plasticienne Mylène Benoit et à son partenaire d’un soir, l’écrivain, poète et vidéaste Frank Smith, l’ambiance est tout autre. Plus consensuelle et conceptuelle, la rencontre des deux artistes est empreinte de poésie et d’abandon. Ils rendent compte au public de leurs incertitudes, mots et gestes à l’appui. « Comment dire les mouvements du monde dans les articulations des corps ? Comment entrer entre le corps et le monde, entre les corps du monde et les pensées du corps ? ». En chœur, ils répètent inlassablement ces interrogations, essentielles pour comprendre leur démarche.

Sans conteste, le festival Concordan(s)e tient ses promesses. Danse et écriture parviennent à dialoguer dans un même espace, pour le plaisir des artistes et la joie des spectateurs.

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Mariama Darame

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