Danse

Clôture du Festival Artdanthé 2019 : mise à nu et performance d’Olivier Dubois

Clôture du Festival Artdanthé 2019 : mise à nu et performance d’Olivier Dubois

14 avril 2019 | PAR Jean Emmanuel P.

Après plus d’un mois de chorégraphies et de performances de toute nature, et plus d’une cinquantaine de spectacles, l’édition 2019 du festival Artdanthé de Vanves vient de fermer ses portes. C’est le chorégraphe Olivier Dubois qui a clos le festival avec une performance endiablée, qui a réjoui les festivaliers.

Un homme en costume entre deux âges, coupe de champagne et cigarette à la main vous accueille dans la salle du théâtre de Vanves. Pas sûr que tous les spectateurs, sauf les plus initiés sans doute, s’attendent à la performance « Pour sortir au jour », qui va leur être proposée. Olivier Dubois est à la manoeuvre, assis derrière son écran, il explique : «  quel souvenir garde mon corps, de ses millions de gestes et de centaines de cicatrices, et quel est son rapport à l’histoire de l’art ? ». Le public se voit alors proposer un jeu : trois spectateurs à tour de rôle vont tirer au hasard une musique et un titre de spectacle parmi le tiers des spectacles que l’artiste a joué dans toute sa carrière, et lui demander de retirer un de ses habits (au cas où : rassurons les prochains spectateurs, le chorégraphe n’ira pas tout à fait jusqu’au bout).  
 
Olivier Dubois rejoue alors des fragments de ses principaux spectacles, plus d’une dizaine, entrecoupés de plusieurs « confessions », où le chorégraphe livre des moments de sa vie d’artiste, dont on se doute qu’ils ont dû le marquer comme des épreuves. Et ce n’est pas lui faire déshonneur de dire que, même si il n’est plus un jeune premier, la performance en est d’autant plus remarquable. On entre d’ailleurs dans le spectacle de manière progressive, alors que l’on aurait pu rester à l’écart. Et on se laisse prendre au jeu, entre sourire et parfois gravité, en position de juge ou de voyeur. On parcourt trente ans de carrière, de réussites et parfois d’échecs, de « l’après midi d’un faune » à Céline Dion, en passant par ses collaborations avec les plus grands chorégraphes, Forsythe, Preljocaj, Jan Fabre, Karine Saporta…
 
 
Difficile de retenir une séquence en particulier, car c’est bien l’ensemble qui fait sens, où l’artiste redonne vie – des années après – à des mouvements chorégraphiques gravés dans le corps et l’esprit, où les émotions se lisent à livre ouvert sur le visage, avec parfois un certain inconfort lié aux contraintes du jeu (le fait par exemple de danser sans une chaussure – au début – ce qui rajoute à la difficulté). On retiendra toutefois trois moments particuliers : Tragédie où l’artiste convie le public à regarder la partie du spectacle où « les gestes font le plus mal « , Péplum où il est question d’insultes à l’occasion d’un spectacle, et enfin le final dont on laissera la découverte aux curieux qui iront voir une prochaine représentation de Pour sortir au jour.
 
Au total, un spectacle d’une grande sincérité, où le chorégraphe se met à nu dans une revue de séquences chorégraphiques très réussies.

Photos : l’auteur

« Le Monde du Fleuve » de Philip José Farmer : Résurrection de masse
« Des paniers pour les sourds », à corps perdu dans la poésie
Jean Emmanuel P.

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