Fictions

« Le Monde du Fleuve » de Philip José Farmer : Résurrection de masse

« Le Monde du Fleuve » de Philip José Farmer : Résurrection de masse

14 avril 2019 | PAR Julien Coquet

Les éditions Mnémos publient l’édition intégrale du cycle ouvert par Le Monde du Fleuve de Philip José Farmer. Retour sur un classique de la science-fiction.

Les amateurs de séries connaissent The Leftovers et son étrange intrigue : un jour, sans explication, 2% de la population disparaît mystérieusement. Imaginez maintenant l’inverse : et si tous les disparus, ici les morts, revenez sur Terre ? Vous tenez le point de départ du cycle du Fleuve de l’Eternité, paru en 1971, et composé du Monde du Fleuve, du Bateau fabuleux, du Noir dessein, du Labyrinthe magique, et des Dieux du fleuve, tous réunis par les éditions Mnémos dans un unique ouvrage.

Richard Francis Burton, comme tous les humains ayant vécu sur Terre, s’éveille un beau matin sur les rives d’un fleuve. Cet explorateur de renom, devenu totalement nu et glabre, ne se souvient pas de la façon dont il est arrivé ici et les personnes qu’ils croisent sont toutes dans la même situation que lui. Certains semblent pourtant plus développés que d’autres : hommes des cavernes côtoient derniers humains de la planète Terre ; un robot est même présent. Burton, figure connue en Angleterre, est reconnu par certains et, se liant petit à petit à ses nouveaux compatriotes, décide de ne pas abandonner sa carrière d’explorateur : remonter le fameux fleuve permettra peut-être de répondre aux questions que tous se posent. Quelle est la signification de cette résurrection de masse ? Et le rêve de Burton, en tout début de roman, où il voyait des « rangées entières de corps glabres et nus » dans un espace indéfinissable, a-t-il un sens ?

Philip José Farmer, connu pour avoir introduit le sexe dans la science-fiction, livre un roman original sur une idée toute simple, faisant intervenir de nombreux personnages historiques, comme Hermann Goering (qui ne se repend pas de ses crimes) ou encore Mark Twain. Malgré une idée forte et de véritables aventures comme tout bon roman d’aventures sait en distiller, le roman peine à créer des personnages auxquels on s’attache. Pour un roman à la renommée si grande, le lecteur serait en droit d’attendre un peu plus de réflexions et de questionnements sur les origines de l’humanité, la nécessité de vivre et la question extraterrestre. Il faut sûrement plus lire Le Monde du fleuve comme un véritable roman d’aventures où règnent péripéties et surprises que comme un roman de science-fiction proposant une approche philosophique à des questions fondamentales.

« Hommes, femmes et enfants occupaient sans discontinuité les rives du Fleuve. D’après ce que les navigateurs avaient pu constater, le genre humain ressuscité était réparti, grosso modo, par ordre chronologique et ethnique le long du Fleuve. Après avoir quitté la région où se trouvaient des Slovènes, des Italiens et des Autrichiens morts à la fin du dix-neuvième siècle, ils étaient passés tour à tour devant des communautés hongroise, norvégienne, finnoise, grecque, albanaise et irlandaise. De temps à autre, il y avait une enclave où vivaient des gens appartenant à une époque et à un groupe ethnique tout à fait éloignés de ceux de leurs voisins. »

Le Monde du fleuve, Philip José Farmer, Mnémos, 1266 pages, 37 euros

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