Danse

Bien sûr, les choses tournent mal par la compagnie Kubilai Khan Investigation: Aux grands maux, les poétiques remèdes

Bien sûr, les choses tournent mal par la compagnie Kubilai Khan Investigation: Aux grands maux, les poétiques remèdes

12 octobre 2015 | PAR La Rédaction

Tsunamis en cascade, ondes de choc, vagues de migration climatique, inondations torrentielles, … : comment ne pas rester indifférents et aveugles à l’urgence de la situation ? La compagnie cosmopolite Kubilai Khan Investigations propose de porter un autre regard sur le défi du réchauffement climatique. Ou quand l’art a toute sa place à la table démocratique.

Véritable plateforme de créations plurielles, la compagnie Kubilai Khan Investigations ne cesse, depuis plus de 20 ans, de sonder les transformations du monde, d’en explorer les contours, et d’en interroger les mutations. Dans un mouvement « aller/retour », qui croise les échelles et démultiplie les regards, Kubilai Khan Investigation déplace les lieux de présentation artistique, renverse les perspectives et déclenche ainsi, avec la danse pour moteur, de nouvelles expériences, afin de mieux saisir les différents « usages du monde » et dégager, peut-être, un horizon du possible…

Peut-être, car à y regarder de plus près, ce dernier paraît plutôt bouché. Les médias, les discours politiques, les tensions internationales, nous confirment à longueur de journée que nous vivons de « sombres temps ». En somme, « Something is going wrong », pour reprendre le titre du diptyque qui constitue le nouveau projet de la compagnie. Et pourtant, rien ne change. Les actions sont rares, et l’ampleur des dégâts augmente chaque jour un peu plus. On pourrait s’y résigner et se consoler. Après tout, quelques degrés de plus ou de moins, ce n’est pas si grave, si ? Mais Frank Micheletti n’est pas de ceux-là. Bien sûr, les choses tournent mal, il est possible cependant de s’y confronter et d’opposer aux excès du monde la poésie des corps. Dans cette nouvelle pièce, dont il assure la chorégraphie, Micheletti donne la parole à quatre danseurs de différentes nationalités qui, d’ondulations en suffocations, sondent en eux-mêmes les bouleversements du monde, sans présumer du sens à leur donner. Accompagnés sur scène par trois musiciens dont l’un est aussi vidéaste, les corps sculptent et tranchent l’espace. Ils se rapprochent puis se séparent, ils dansent tout autant qu’ils pensent.

Portée par la liberté de ceux qui n’ont aucun compte à rendre, Bien sûr, les choses tournent mal invente une nouvelle cartographie sensorielle et imaginative du monde ; le chaos des corps, le choc des mots et des vibrations, créent une faille qui défait les présupposés implicites et ruine nos constructions. Mais, au-delà de la réussite de cette mise en désordre et de la qualité de la performance de cette équipe transversale, c’est à l’expérience de l’enchantement et de l’émerveillement que le spectacle convie et fabrique, au moyen de l’ordinaire des matières et des gestes, l’extraordinaire.

Prochaines dates :

5 février, Le Manège, Maubeuge

17-20 février, MAC, Créteuil

24 mars, Théâtre en Dracénie, Draguignan

Visuel : Jean-Michel Blasco

Marianne Fougère

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La Rédaction

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