Danse

Angelin Preljocaj

28 mars 2010 | PAR Alienor de Foucaud

Après avoir présenté Blanche Neige à Chaillot au mois de décembre, Angelin Preljocaj prend ses quartiers à Bastille avec sa nouvelle création, Siddharta. L’occasion de revenir sur le parcours d’un chorégraphe hors pair.

 

Angelin Preljocaj rencontre la danse dans un livre consacré à Noureev, une légende de photo indique « Rudolf Noureev transfiguré par la danse », c’est un coup de foudre immédiat. Or, dans sa banlieue, à Champigny, mieux valait jouer au foot lorsque l’on était un garçon. Angelin mène de front judo et danse, puis vers 18 ans, il se consacre pleinement à la danse. Il découvre la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum. C’est une révélation : tandis qu’avec la danse classique il peut devenir un grand interprète sans inventer de formes nouvelles, avec le contemporain, Angelin comprend vite qu’il peut tout imaginer.

C’est un véritable combat que mène le chorégraphe pour imposer sa vison de la danse, une lutte d’abord dans son milieu familial, puis social, et plus tard dans le milieu même de la danse. Car affirmer la danse contemporaine à une époque où le classique était roi « n’était pas de tout repos ». La danse était un art de combat, une façon d’exister différemment, par le corps et le mouvement.

Angelin Preljocaj débute sa carrière avec Quentin Rouillier, après avoir étudié un an à New-York chez Cunningham. Il part ensuite approfondir sa technique et parfaire sa formation au CNDC d’Angers, sous la direction de Viola Farber. Il est ensuite engagé dans la compagnie de Dominique Bagouet avant de créer sa propre compagnie.

Preljocaj apporte une nouvelle vision de la danse en créant sa compagnie, selon lui, l’argent doit avant tout aller aux danseurs, le plus important réside dans la pérennisation des postes de danseurs contemporains permanents, il s’agit pour le chorégraphe d’affirmer le statut de danseur contemporain, et de définir la réalité d’une profession, avec de vraies lignes budgétaires.

Manifestement, tant en ce qui concerne la façon de nommer sa compagnie Ballet ou de penser la danse, Angelin Preljocaj a choisi de s’inscrire dans l’histoire de la danse à une époque où l’air du temps prônait la rupture. Selon le chorégraphe, il ne faut pas inventer, mais continuer, « nous sommes des relais, […] au fond, c’est la même histoire qui continue. »

Etre chorégraphe selon Preljocaj, c’est vouloir donner de l’esprit au corps, lui restituer sa dimension spirituelle, une pensée, et faire un corps qui pense, plus qu’un corps qui danse. Il s’agit moins d’incarner l’esprit que de respiritualiser le corps, conçu non plus comme un modèle de la représentation d’un idéal, mais comme une émanation mystérieuse de la nature humaine, « ce qui nous meut et reste de l’ordre de l’impalpable, ou de l’inconnu. » La danse devient le point d’intersection où le corps et l’esprit convergent.

A l’image de Siddharta, Preljocaj situe sa danse entre le nirvana et le samsara, le désir de pureté et la tentation de la chair, le mental et le réel.

Siddharta, Opéra Bastille, jusqu’au 31 Mars.

www.operadeparis.fr

 

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