Musique

Zaz, mi-jazz, mi-blues et chabadabaday

15 juin 2010 | PAR Cecile David

Figure montante de la scène française, Zaz est une artiste à mi-chemin entre le jazz, le blues et la soul. Dans son premier album sorti en mai dernier, Zaz s’amuse et s’exprime à coût de trompette invisible, d’onomatopées chuintantes et d’allitérations.

Après avoir sillonnée les terres de Sibérie, d’Egypte et de Colombie, la belle brune fait son nid en France. C’est Raphaël qui la découvre en plein cœur de Montmartre, et attention, elle précise que c’est bien « le vrai, celui qui tourne des clips par moins 10° C sur le toit d’un immeuble ». Le moins que l’on puisse dire c’est que chanter est pour Zaz une vocation. Dès 4 ans elle déclare à ses parents « Je serai chanteuse » (interview Watt’s In). Toute son enfance est rythmée par la musique et le chant. De 4 à 11-12 ans elle suit les enseignements  du Conservatoire de Tours avant de prendre des cours de chants de 15 à 17 ans. A 21 ans sa carrière prend un nouvel élan lorsqu’elle obtient une bourse par le conseil régional, ce qui lui permettra d’intégrer le Ciam de Bordeaux (Centre d’information et d’activités musicales). C’est ainsi qu’elle forme son premier groupe de blues, qu’elle découvre les joies de la scène et qu’elle trouve sa voie à travers les différents ateliers musicaux qui lui sont proposés durant sa formation. Zaz n’est pas comme tout le monde et elle le prouve dans son titre « Je veux », le premier à être diffusé sur les ondes. Elle en a « marre de vos bonnes manières », vous prévient-elle. Zaz, ce qu’elle veut c’est être Zaz, « Je suis comme ça » chante-t-elle à tue-tête.  Et elle chante, chuinte, joue de la trompette avec pour seul instrument ses mains et son timbre de voix, un timbre que l’on repère. Le jeune trentenaire nous berce avec sa voix légèrement cassée, 100 %  jazzy. L’artiste aime les mots et leur musique. On le ressent dans « Les passants » qui joue avec une allitération en « s » (voir vidéo ci-dessous).
Zaz, c’est deux « z », séparés par un « a ». Un « Z » majuscule parce que Zaz aime parler fort, adore la scène et raffole de la comédie. Zaz n’est pas dans la demi-mesure, elle fait les choses à fond. Frais et enjoué, ses titres nous transportent dans un univers multicolore. On la devine même sourire rien qu’en l’écoutant faire ses « chabadabadzaï ». Dans « Éblouie par la Nuit », elle nous épate en assurant sur un morceau qu’elle chante un octave au dessus de « sa » normale. Pour Zaz, ce qui compte avant tout c’est l’interprétation. « Si l’émotion et l’intention est juste ça sonne pas faux » (Watt’s In).  Un « z’ minuscule parce que Zaz est aussi « trop sensible ». Elle nous propose des pauses acoustiques dans son album, des textes forts simplement accompagnés par une guitare ou un piano. Et un « a », comme « amour », mais un « a » minuscule parce que Zaz ne joue pas dans la guimauve. Lorsqu’elle aime c’est simplement, sans fioritures ni dépendance (« J’aime à nouveau »). Zaz c’est ni blanc, ni noir. « J’aime être seule et j’aime aussi la foule » explique-t-elle dans « Ni Oui Ni Non ». Elle signe d’un Z qui veut dire « Zaz ». Indescriptible, Zaz ne se range pas dans un case, elle est à l’image des souks, multiple dans sa singularité.

La talentueuse artiste assume ses influences. La fin de son album nous plonge dans une ambiance cabaret avec la reprise du titre ‘Dans ma rue » d’Edith Piaf. « Prends Garde à ta langue » ressemble quant à lui étrangement à « Moi vouloir être un chat » de Pow Wow. Il faut dire que Zaz aime les chabada et les badoubadaï dzadzay. Zaz c’est un essaim de sons  arabo, afro, andalo, latino. ZzzZ, on adore.

Zaz se produira sur scène le 13 juillet aux Francofolies de la Rochelle.

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Cecile David

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