Musique
Liraz et Deli teli ouvrent la 19 édition de Jazz’n Klezmer sur une note rétro, festive et déjantée

Liraz et Deli teli ouvrent la 19 édition de Jazz’n Klezmer sur une note rétro, festive et déjantée

05 novembre 2021 | PAR Yaël Hirsch

C’est ce jeudi 4 novembre que s’est ouverte la très attendue 19e édition de Jazz’n Klezmer. Un vrai concert avec pass sanitaire, lumière, instruments et debout dans la fosse du Petit Bain, à danser sur les musiques métissée des talents dénichés par Laurence Haziza (lire notre chronique) : Aussi bien la star israélienne d’origine iranienne décalée Liraz que les marseillais grecs géniaux de Deli Teli nous ont transportés dans des univers décalé, où le rétro était signe de liberté. 

C’est donc par un joli ciel d’automne après la pluie que nous avons longé la Seine devant la BNF pour arriver au Petit Bain. L’équipe du Centre de Culture du FSJU nous accueille et nos pass sanitaires sont controlés. A l’intérieur de la péniche, l’on peut boire, manger et danser. Le public est debout dans la fosse et attend les artistes. Bref, c’est un concert, un vrai et pour pas mal d’entre nous le premier depuis des mois, en fait. 

Le charme gominé bombastic des Deli Teli

Quatre garçons dans le vent entrent sur scène. Ils viennent de Marseille, ils sont gominés comme dans les années 1960 et jouent avec les codes et le répertoire de la Grèce, avec à la fois humour, esthétique camp et un brin d’anarchisme qui ne peut que nous séduire. Au chant et au synthé, le grand Arthur Bacon commente les chansons, traduit, se moque du romantisme grec et danse comme un beau diable. A ses côtés, Tassos Tsitsivakos nous enflamme au Bouzouki, c’est de la très grande musique. A l’arrière, François Rossi s’en donne tellement à coeur joie qu’il casse presque son instrument pendant qu’à la basse Christos Karypidis suit tout ce joli monde. Et nous, public, nous suivons, ravis par tant de charisme de beauté « camp » et d’énergie : à peine besoin de nous demander de taper dans les mains ou de reprendre le refrain du « tube de l’année 1966 à l’est de la Méditerranée » : Boumpam : nous dansons, nous sommes conquis. Le jeu sur les codes et le rétro est topissime, la qualité du jeu s’envole et nous planons. A peine croyable que ce quatuor irrésistible ne date « que » du confinement et merci à Jazz’n Klezmer de nous les faire découvrir!

Les provocations mélodiques et vitaminées de Liraz

Après une très grosse heure de fantaisie grecque, nous sommes fin prêts pour le funk d’inspiration iranienne de Liraz. Née en Israël après que ses parents ont quitté l’Iran à la suite de la révolution de 1979, Liraz est une vraie princesse pop, funk et orientale. Rareté, elle est passée au persan pour les chansons de son album « Zan »(Glitterbeat record) qui connaît un grand succès et que certains dans la salle connaissent déjà par cœur, en farsi s’il-vous-plait! C’est voilée, mais les bras et le ventre à l’air et moulée dans une tenue lamée-léopard qu’elle apparaît sur scène au milieu de ses 5 musiciens. La voix d’une diva orientale digne de l’exposition qui nous a fascinés à l’Institut du monde arabe ce printemps, un tambourin à la main, elle est heureuse d’être là. Elle parle beaucoup. Elle fait des références et elle aussi puise dans les origines et le rétro pour nous faire danser. Elle parle en anglais et sent à la manière dont elle salue le public parisien que la scène lui a manqué. Il y a dans sa belle présence sur scène une tension entre le khôl, le safran et l’encens de Perse ancienne et des attitudes plus acidulées d’héroïne de K-Pop. ; mélange qui culmine avec son tube moquant les « iranian jewish princess », les « Naz » : « Nazi Nazi ». Le concert est coloré, entraînant et finit de tenir la promesse magnifique de Jaz’n Klezmer : brasser les musiques et les influences du monde pour ouvrir nos oreilles et nos cœurs.

Prochain concert : Itamar Borochov ce samedi 6 novembre

Visuels (c) A.S.

 

 

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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