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Festival Jazz’n’Klezmer : Yemen Blues décoiffe au New Morning

Festival Jazz’n’Klezmer : Yemen Blues décoiffe au New Morning

16 novembre 2022 | PAR Hannah Starman

Avec deux invités de marque – Yonathan Avishai et Omer Avitalla musique fraîche et détonante, à la croisée du jazz, funk, rock et groove moyen-oriental, emballe un public enthousiaste au New Morning ce lundi 14 novembre.

Le parcours de deux musiciens accomplis

À 20h, la salle du New Morning est pleine et le public fidèle attend avec impatience l’arrivée des premières stars de la soirée, le contrebassiste Omer Avital et le pianiste Yonathan Avishai.

Pianiste recherché et compagnon régulier d’Omer Avital, Yonathan Avishai a été décrit comme « le plus français des virtuoses israéliens » et élu musicien étranger de l’année 2019 par Jazz magazine. Installé en France où il crée et enseigne depuis plus de vingt ans, Avishai est connu pour son jeu fin, simple et élégant qui trouve son expression la plus aboutie dans l’album Joys and Solitudes de 2019.

Omer Avital évolue sur la scène du jazz new-yorkais par des collaborations enrichissantes avec Avishai Cohen, John Zorn, Brad Mehldau et bien d’autres. En 2009, Omer Avital crée le groupe Yemen Blues avec le chanteur Ravid Kahalani et produit leur premier album Yemen Blues en 2011 avant de se séparer du groupe en 2012. En 2020, Avital, « le contrebassiste le plus attachant de la scène new-yorkaise, » sort l’album The New York Paradox, enraciné dans la tradition du jazz et irrigué par les influences orientales.

Le duo israélien rend hommage à ses origines yéménites au travers d’une playlist interprétée avec subtilité et délicatesse. Enchaînant des morceaux contemplatifs (« Bedouin Roots »), des compositions groovy (« Muhammed’s Market »), des ambiances poétiques (« Lya ») et des rythmes ancestraux (« New Yemenite Song »), Yonathan Avishai et Omer Avital livrent une performance fine, épurée, inspirante, riche en émotions et en complicité.

Performance endiablé de Yemen Blues en seconde partie

L’ambiance change après l’entracte et l’on passe de la simplicité élégante du duo Avishai et Avital à un déchaînement de sons et de couleurs aussi flamboyant qu’assourdissant d’un Yemen Blues en pleine forme.

Arborant le guembri, instrument à cordes pincées venant d’Afrique du Nord, Ravid Kahalani, le chanteur « ridiculement charismatique » comme le décrit gracieusement le National Geographic, brûle les planches. Ses costumes haut en couleur (le peignoir léopard est l’indiscutable gagnant du défilé), son énergie débordante, sa tchatche facile ou encore le chaleureux « Happy birthday » destiné au bassiste Shanir Blumenkranz rendent Ravid Kahalani fort sympathique, mais compensent mal sa voix qui souffre dans les aigus, reste sans éclat dans les graves et finalement n’évoque ni le falsetto de Prince ni le chant rauque du Mississipi Delta.

Originaire d’une famille yéménite établie en Israël, Ravid Kahalani interprète ses chansons en arabe yéménite (« Mountains will dance »), en hébreu et même en français (« Son sourire »), mélangeant la musique traditionnelle yéménite, juive et arabe, avec le rock, blues, funk, soul et jazz. Il est accompagné par Rony Iwryn, le percussionniste d’origine uruguayenne qui a apporté sa touche latino à la diva yéménite Ofra Haza et à d’autres stars israéliennes (Idan Raichel, David Broza, Gidi Gov, etc). Son solo avec Dan Mayo à la batterie est incontestablement le highlight de la deuxième partie de la soirée.

Yemen Blues avec Yonathan Avishai et Omer Avital en ouverture est un pari plutôt réussi dans la mesure où il apporte une musique fraîche, aussi fine que puissante, et une énergie lumineuse, imbibée de saveur orientale. Le petit bémol : les deux ensembles n’attirent pas tout à fait le même public, ce qui explique pourquoi quelques spectateurs grisonnants ont préféré quitter la salle, attrapant dans la précipitation la doudoune d’un autre, plutôt que d’être bousculés ou piétinés par des jeunes fans du dynamique et entraînant Yemen Blues. 

Visuels : © HS

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