Musique

Véronique Sanson brille à l’Olympia

Véronique Sanson brille à l’Olympia

01 mars 2011 | PAR Bérénice Clerc

Véronique Sanson brille à l’Olympia jusqu’au 4 mars et nous livre un superbe et puissant concert de presque trois heures pour le plus grand plaisir du public en liesse.

Après quelques dates en province, Véronique Sanson a ouvert le bal de l’Olympia dans lequel elle reste jusqu’au 4 mars, avant de continuer sa tournée dans toute la France et les pays Francophones.

 

 

C’est la première, la salle est comble, Chris Stills, le fils de Véronique Sanson et de Steven Stills arrive sobrement à la guitare, seul en scène, parfois avec quelques musiciens. Ses mélodies américaines, entre rock et ballade, piano et guitare voix sont dignes d’un concert solo, sa voix cassée, son humilité son humour et son talent sont très agréables. Il ne profite pas de son lien filial pour chanter plus qu’une autre première partie, 5 chansons puis repart avec classe en coulisse.

 

Le rideau se ferme, la foule s’affole, hurle Véro, tape des pieds et des mains, le rideau s’ouvre…

Véronique Sanson se jette sur scène comme sortie d’une boîte de pandore, brille de mille sequins bleus, tout devient alors possible. Elle commence par une des très belles chansons de son dernier album, Plusieurs Lune, nous saisit tous un à un pour ne plus jamais nous relâcher avant la fermeture du rideau. Véronique Sanson est une artiste multiple, elle mêle les mots et les notes comme personne et fait sa vie notre. 10 musiciens et deux choristes talentueux et heureux de partager la scène avec ce diamant brut de la chanson française, l’accompagnent avec brio. Trompette, saxophone, percussions, clavier, accordéon, violon, guitare, basse, batterie sont en osmose pour donner du plaisir et transcender la musique de Véronique Sanson. Tantôt rock, tantôt classique, parfois blues, ou encore salsa, toutes ses chansons sont orchestrées à merveille, sans perdre une goutte de l’émotion pure de la chanteuse.

L’émotion était en effet bien présente hier, du début à la fin du concert, la voix reconnaissable de Véronique Sanson, se brise parfois, devient plus douce comme si elle traversait une vague, fouettée par l’océan, éraflée par le sable, on l’imagine couler, suffoquer, ne plus jamais respirer et exactement à ce moment sa force et sa puissance éclatent. Ne vous laissez pas emporter par sa fragilité, vous seriez surpris par sa rage et inversement.

Les chansons du passé s’entremêlent et se croisent sans longue distance avec les nouvelles, Amoureuse, Radio Vipère, c’est pas bô, c’est pas bien, Le temps est assassin, Je veux être un homme, Annecy, Bahia, Qu’on me pardonne, Vancouver,  les sublimissimes Redoutable, Sans Regret et Juste pour toi et bien autres petites merveilles de sa longue carrière.

Parfois debout soutenue de sons de maitre par ses 12 hommes orchestres, ou au piano, elle visite la scène, remercie les spectateurs d’être toujours là, s’amuse d’elle même, ironise, dit faire semblant de boire de l’eau, rit de la pseudo simplicité de ses morceaux en ré ou si et s’invente un piètre talent de pianiste ou de chanteuse quand elle présente son équipe avec autant d’amour qu’eux en ont dans leurs yeux quand ils la regardent. Quelle plaisir d’assister à un spectacle vrai, une artiste en chair et en os, fière de ses imperfections, un groupe de musiciens hors pair accroché au fil des notes, pour offrir un spectacle non formaté, loin de certain shows « pré-écouté », sans émotion ou chaques petite phrases ou danses sont calculées à la seconde ou à la larme factice près.

En ces périodes de crises, Véronique Sanson, comme certains de ses collègues artistes devrait être reconnue d’utilité publique !

On peut ne pas aimer Véronique Sanson, certains comme souvent la critiquerons gratuitement, sans réfléchir à ce qu’est une artiste, à ce qu’elle vit dans sa réalité loin des scènes, des rires et des bravos, mais nul ne pourra dire qu’elle ne mouille pas sa chemise, elle est là de tout son corps, son cœur et son âme, ne s’épargne pas même après une greffe de peau du pouce (pour une pianiste…) et se donne jusqu’à tomber.

La dernière partie du concert était un pur moment de bonheur, seule en scène avec son piano, quelques chansons lâchées comme un au revoir sans frustration après 2h45 de chansons.

Seule ombre au tableau de ce très beau concert, les vidéos en fond de scène…Pourquoi ? Une artiste talentueuse et captivante, des musiciens extraordinaires, des lumières enlevées ne suffisent-ils pas à un beau concert ? Sommes-nous obligés de supporter des vidéos immenses pour illustrer les chansons ? Un enfant de 4 ans aurait trouvé cela de très mauvais goût d’illustrer Rien que de l’eau avec des gouttes de pluie, Radio Vipère avec des radios et un micro, Bahia avec des palmiers et j’en passe et des illustrations premier degré…Cela fonctionne peut-être pour les chanteurs en play-back aux chorégraphies minables à sublimer par des vidéos mais si vous souhaitiez dépenser de l’argent, il suffisait d’engager un Plasticien et les musiciens, sans doute intermittents, auraient été ravis d’être payés un peu plus !

Cela mis à part, ce moment de grâce est à vivre à Paris jusqu’au 4 Mars à l’Olympia et les 13 et 14 mai au Grand Rex, puis en Province et dans les pays francophones dans les semaines et mois à venir.

Allez l’applaudir, chanter, danser, elle vous le rendra au centuple.

L’Olympia : 28, Boulevard des Capucines 75009 PARIS. Réservations au : 08 92 68 33 68 (0,34€/mn) 

http://www.olympiahall.com/

Le Grand Rex : 1, Bd Poissonnière 75002 PARIS Tél: 08 92 68 05 96 (0,34 € la mn)

http://www.legrandrex.com/

Infos pratiques

Carolyn Carlson sur grand écran
Palmarès des Victoires de la Musique Acte II
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

5 thoughts on “Véronique Sanson brille à l’Olympia”

Commentaire(s)

  • Cyrille DUVAL

    Très bel article dont je partage pleinement le contenu. Véronique Sanson est d’une générosité et d’un éclat rare dans ce monde de musique où le meilleur cotoie le pire. On la retrouve ici incroyablement riche d’énergie, entourée d’une équipe talentueuse avec laquelle elle fait corps. C’est un bonheur musical intense qui fait voyager dans trente ans d’univers de Véronique. Souhaitons que cette force l’accompagne encore longtemps. Merci à tous ceux qui l’entourent avec tant d’amour.
    Si vous n’avez jamais assisté à un concert de Véronique Sanson, cette tournée est à ne pas manquer, assurément.

    mars 1, 2011 at 23 h 15 min
  • Fred33

    Depuis 1980 je n’ai pas raté une tournée de Véro. Je l’ai vu et entendu à Paris, en Provinces, dans des salles immenses, d’autres plus petites et même parfois en plein air. Mercredi dernier j’étais donc à l’Olympia, croyant à un miracle. J’ai eu de la peine, ressenti un malaise d’être là, d’être un « voyeur » du déclin d’une étoile… Véro avait l’énergie du désespoir devant le massacre de son répertoire si riche. Plus de voix (même pas rauque), plus de repères, de mémoire, une sorte d’errance douloureuse que ses cris (hurlements) combattaient sous les rires et les bravos d’un public aveugle et sourd. Quand on aime une artiste de cette classe, on ne peut qu’être triste à la sortie de ce spectacle. Je l’étais. Non, Véro n’a pas la super forme que certains « fans » décrivent et écrivent un peu partout. Son énergie hier soir n’avait rien de joyeux (et Dieu sait si je l’ai vu vraiment joyeuse et énergique sur scène depuis 30 ans !)ses démons l’accompagnent visiblement encore et toujours. Hier soir ils étaient aussi sur la scène de l’Olympia, des effluves diaboliques qui troublent tellement ce grand talent, cette admirable femme, cette artiste hors du commun. Je suis triste.

    mars 3, 2011 at 13 h 25 min
  • mar35

    Tout à fait d’accord avec Fred33, malheureusement. Je serai toujours fan de Véronique Sanson, sa musique et ses mots habitent ma vie depuis plus de 20 ans… mais hier soir à l’Olympia, j’ai eu mal pour elle, Après la deuxième chanson bafouillée façon yaourt (je n’en croyais pas mes oreilles), j’ai tremblé à chaque fois qu’elle démarrait une nouvelle chanson en me demandant si elle allait réussir à la « passer »… J’avais l’impression qu’elle se lançait à chaque fois dans le vide sans filet, elle-même semblait le savoir à sa façon de pousser des « yes » de soulagement (?) après quasiment chaque chanson… Le public, les musiciens, tout le monde est là avec elle, pour elle, autour d’elle, tant d’amour, tant d’affection, palpables dans tout l’espace de l’Olympia, mais la voix s’en va, quelquefois aussi le ton ou le rythme… L’énergie et l’envie, non, mais la scène est impitoyable. Je suis sortie plus triste que comblée. Il reste les enregistrements studio, j’aime beaucoup le dernier album, plutôt bien rendu dans l’ensemble sur scène, mais le tout est inégal, sûrement pas à la hauteur de l’immense talent de Mme Sanson que je porte dans mon coeur pour encore plusieurs plusieurs lunes…

    mars 3, 2011 at 20 h 48 min
  • joelecamion

    Entierement d accord, ayant voulu offrir ce concert a ma fille je l ai ramenee a la maison apres trois titres
    massacres par un maquillage sonore indecent. Je ressentais tellement le malaise que j ai prefere eviter d infliger cette pantalonade a ma fille. Lamentable arnaque dont la chanteuse n est sans doute meme pas responsable.

    mars 4, 2011 at 15 h 06 min
  • Plus triste que comblé, moi aussi…

    Il est malheureusement de mise d’adhérer en grande partie aux avis qui figurent plus haut. Je connais et apprécie très largement l’incroyable talent et l’énergie habituelle de Véronique Sanson, mais en effet, à l’issue du concert de vendredi dernier 04 mars 2011 à l’Olympia, on ne peut qu’être un peu déçu, sur son reste, triste de voir et de se rendre compte que l’artiste principale, Dame Véro, était pour ainsi dire le maillon faible de la soirée. Malgré elle peut-être, mais sous l’emprise certaine de quelques démons…

    Des musiciens tout à fait extraordinaires, un son plutôt bon (à noter cependant quelques légers déséquilibres, notamment une voix un peu trop présente, trop en avant, une basse un peu faible, trop effacée, un piano quelque peu pointu, une question de goût aussi ! …) n’ont me semble-t-il pas souffert des images sur le fond de la scène qui ont amené à mon sens un plus intéressant. Les performances pianistiques de Dame Véro n’ont pas tellement fait défaut, mais la voix, elle, oui, passablement. Et un discours par moments très approximatif et hésitant un peu à la façon Gainsbourg…

    A relever tout de même, et j’y suis sensible en tant qu’ingéson : Dame Véro a remercié (et c’est assez rare de la part des artistes) tous les techniciens de l’Olympia qu’elle qualifie de vrais artistes. Je crois qu’elle a raison ! ;-)

    J’ai très nettement préféré la prestation « moins arrosée » du concert du 14.02.2007 auquel j’ai eu la chance d’assister à Montreux. Ce fut plus court, mais tellement enlevé, plus « punchy », avec une énergie bien canalisée, et de tous les artistes sans exception cette fois-là. J’espère pouvoir un jour assister à nouveau à un tel concert (celui du 14.02.2007 et pas du 04.03.2011 !!!) de cette incroyable artiste qui restera toujours et malgré tout Sanson…

    mars 8, 2011 at 0 h 26 min

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