Musique
Terres du son : une ouverture riche en émotions

Terres du son : une ouverture riche en émotions

09 juillet 2022 | PAR Zoe Grandjacques

Après une édition annulée et une autre rétrécie pour cause de Covid, le festival chéri des tourangeaux a ouvert ses portes hier au traditionnel domaine de Candé, à Monts. Une soirée aux multiples rebondissements. 

Même site, différentes scènes

Dans le train (gratuit pour les festivaliers, au départ de la gare de Tours) pour se rendre au superbe site du festival, dans les hauteurs de Monts, un goût de retour à la normale règne. Terres du son est indéniablement un festival d’habitués qui viennent autant pour l’ambiance que pour sa programmation. Mais à l’arrivée, le festival a réservé quelques surprise avec une toute nouvelle organisation du site. Finie les deux grandes scènes Ginko et Biloba, elles ne font plus qu’une avec la scène Propul’son qui s’est rapprochée du cœur du site, tandis que le Chapito s’est excentré. 

Zinée 

Après Cobalt, la jeune toulousaine a posé les bases pour s’affirmer comme une étoile montante du rap. Entre un flow incisif et une sensibilité à vif, Zinée nous charme et nous fascine. Mais là, les étoiles ne semblent pas alignées pour elle, le concert commence en avance, dans le Chapito très excentré qui n’attire pas les foules. Le découragement provoquée par une foule éparse et pas encore réveillée se sent dans sa prestation alors qu’on la connue féroce sur scène avec une énergie de star du rock. 

Lulu van Trapp

La scène Propul’son traditionnellement réservés aux artistes régionaux a changé d’objectif. Cette année elle au centre, et elle fait de la concurrence à la scène Ginko-Biloba, dédiée aux têtes d’affiche. Alors qu’on traverse le site, la musique qui s’y joue nous interpelle. Sur scène deux musiciens et une chanteuse aux cuissardes jaunes exceptionnelles et à l’énergie folle jouent du rock, du RnB, de la pop, des chansons qui font danser, des chansons qui font pleurer, en français et en anglais. Lulu Van Trapp c’est un mélange explosif dans lequel tout est bon. Et la foule qui danse ne s’y trompe pas. 

PNL ?

On les connait nos rock stars préférés. Après le refus de donner des interviews, c’est les retards aux concerts qui sont venus épaissir les personnages. Mais si à Bercy on les attends 1h30 avant de les pardonner, ici c’est différent. Terres du son c’est un festival d’habitués qui l’aime leur festival, et quand un retard jamais vu auparavant vient tout chambouler, le public est en colère. Trente minutes, une heure, le temps passe, les deux frères ne sont toujours pas là. Dans la foule, certains font demi-tour, d’autres huent. L’organisation invoque sur scène un sérieux problème technique, mais en off les rumeurs disent qu’ils seraient tout juste en train de commencer à manger. Ils vont venir, fans comme staff n’en démordent pas mais quand ? Du côté de la technique, on nous explique que tous les autres artistes vont être impacté, devant, pour la plupart, raccourcir leur prestation. Le festival entier est en pause. Alors oui, on les aime nos rockstars capricieuses mais là trop c’est trop. 

La Bergering 

Lassés d’attendre, la foule se disperse sur le site du festival et échoue à la Bergering qui devient The place to be, à l’entrée du festival. On rigole mieux quand on a un ennemi commun, le public stimulé par le DJ scande PNL suivi de l’expression verbale de leur ressenti. Et au micro Monsieur Loyal en joue, « ah moi aussi j’aurais la haine d’avoir payé 45€ pour ça, allez quand je dis PNL vous dites encu… ». Mais colère ou non, quand soudainement la rumeur se propage qu’ils sont arrivés, tout le monde se désolidarise et repart en courant vers la Prairie.

PNL

Enfin, après 1h30, ils sont là ! Mais le ressenti reste amer, dur de profiter quand leur retard a porté préjudice à autant de personnes. À l’ammoniaque ne provoque pas la tristesse communicative attendue. La foule repart, déçue mais avec la satisfaction finale de n’être quand même pas venu pour rien. 

Martin Solveig

À 1h35, Martin Solveig commence. Il remixe les tubes, Orelsan, 13’Organisés, Rosalia, Gala, tous les standards d’hier et d’aujourd’hui y passent. C’est bonne ambiance, mais les interventions au micro du DJ qui coupent la musique cassent un peu le prestige. Mais bon, on lui pardonne, Martin assure sur scène et fait rire la foule en s’y promenant.

En tout cas, c’était une soirée riche en émotions et qui démontre encore une fois que malgré les aléas, Terres du son reste un festival où on rigole bien. Rendez-vous ce week-end ? 

©Visuel : Zoé Grandjacques

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Zoe Grandjacques

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