Musique
TAME IMPALA « The Slow Rush » : en route vers la gloire !

TAME IMPALA « The Slow Rush » : en route vers la gloire !

09 mars 2020 | PAR Jean-Christophe Mary

 

Retour sur un album cosmique aux frontières du rock psychédélique 60’s du disco 70’s et dance rock 90’s.

Sur ses deux premiers albums « Innerspeaker » (2010) et « Lonerism » (2012), Kevin Parker l’homme qui est derrière le projet Tame Impala , recyclait à sa manière l’héritage rock psychédélique laissé par Cream, Pink Floyd et King Crimson avec ces guitares rock et ces basses lancinantes qui débordaient d’effets spéciaux. Et puis voilà que sur « Current » (2015), les claviers electro prennent doucement mais sûrement le pas sur les guitares électriques pour créer un univers electro pop festif, toujours aussi mystique qu’envoûtant.

« The Slow Rush » s’inscrit dans cette continuité electro psychédélique avec des titres qui coulent tout en douceur à l’image de ce sable mouvant sur la pochette. Mélodies pop entêtantes, voix hauts perchées, le compositeur australien produit une electro pop psychédélique somptueuse. Exit les guitares rock d’un autre âge, place aux sons futuristes élaborés à base de synthétiseurs, samples, compresseurs et autres rack d’effets. D’entrée « One More Year » nous entraîne dans un monde rétro futuriste 80’s avec des voix aussi alambiquées que synthétiques sur fond de rythmiques saccadées. Sur « Instant Destiny, là encore dominé par une basse batterie groovy, Kevin Parker nous attire doucement vers un une pop moderne avec des superpositions de chœurs et de voix leads savamment alambiquées qui rappellent la grande époque du duo Daryl Hall John Oates.  Notre curiosité monte d’un cran sur « Borderline » titre fort où l’héritage Daft Punk et la guitare funk à la Nile Rodgers avec cette rythmique ensorceleuse qui semble tourner en boucle comme un vinyle rayé est plus qu’évident. L’émouvant « Posthumous Forgiveness » en forme de cathédrale sonore évoque lui la mort de son père. « Breathe Deeper » est une bonne bouffée d’oxygène avec ses atmosphères festives et aériennes dotées d’une bonne dose de psychédélisme. Véritable tube en puissance, « It Might Be Time » est un titre attrape cœurs aux guitares déchirantes, truffées d’effets sonores. Voilà un morceau entêtant qui rappelle les grandes heures des Stones Roses avec ces claviers hypnotiques à la Supertramp. Un titre dont ne se lasse pas. Un titre que l’on écoute en boucle, encore et encore. L’album s’achève sur le magistral « One More Hour » dont la production subtile fourmille de mille et une trouvailles dans le mix, comme par exemple cet effet panoramique sur batterie ce flanger qui contribue à susciter l’émotion chez l’auditeur. En écoutant « The Slow Rush », une chose est sûre : l’écriture, les progressions d’accords, la structure des chansons et le chant en particulier, tout est beaucoup plus libre que dans les enregistrements précédents. Mais une question se pose : Tame Impala est il encore ce groupe à guitare qui a fait sa renommée planétaire ? Réponse lors de leur prochain live parisien.

Jean-Christophe Mary

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Jean-Christophe Mary

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