Musique

Rachel Zeffira : 1er album solo The Deserters

Rachel Zeffira : 1er album solo The Deserters

28 janvier 2013 | PAR Arnaud Berreby

Nous partons à la découverte du premier album solo de Rachel Zeffira, ex soprano à l’opéra ayant viré sa cuti, prouesse rare et transgressive des plus terribles du monde de la musique :

Passer de la grande musique, la vraie, l’unique- sur la vie de ta mère- à la pop, qui comme son nom l’indique, n’est pas censée s’adresser à un public distingué, l’air contraint habillé pingouin, ému mais sans larmes- un peu de tenue tout de même- presque sincèrement à l’écoute de l’Adagio d’Albinoni…

 

On peut donc s’attendre, en toute logique, à une Klaus Nomi au féminin, arrivée de la diva en hélicoptère, bodyguard à la main droite gluée à l’oreille, buffet à volonté avec fricassées et oursins frais, feu d’artifice pour saluer son entrée, lancer de nains, laquais obséquieux le regard biaisé, chippendales pour émoustiller mesdames, Wanda et ses sirènes en string pour réveiller messieurs…

Coupez ! On la refait !

Non, faux sur toute la ligne, il vous faut savoir que Rachel exècre l’entre -soi qui confine à la consanguinité, les ghettos, les caresses autorisées et les clins d’œil faciles.

Elle nous surprend en adoptant la stratégie périphérique qui consiste à nous offrir un album où elle chante tout en retenue comme si elle se tenait là, juste derrière votre oreille gauche, coté cœur, vous faisant une déclaration- sa déclaration- des plus délicates et vaporeuses.

Née et ayant grandi au Canada dans un bled connu mondialement mais uniquement de ses propres habitants, ses origines européennes irlandaise et italienne- ou la paisible alliance de la nitro et de la glycérine- l’entrainent en toute logique vers le vieux continent.

En 2008, elle est la moitié du groupe Cat’s Eyes dont le premier album ne passera pas inaperçu, ce qui paradoxalement poussera Rachel à exprimer ses propres idées de façon plus personnel.

 

Voici le résultat : « The Deserters » est un album à l’ambiance très douce, au chant aérien gonflé de reverb comme enregistré dans un presbytère abandonné perdu dans les landes du Connemara.

Elle écrit, compose, arrange et joue de presque tous les instruments à l’exception des cordes interprétées par pas moins de treize intervenants !

Le piano est à l’honneur, tout comme l’orgue, la harpe et les cordes. Elle revendique et assume la faiblesse de la section rythmique quasi absente.

Coté compo, la chanson-titre sonne le rappel, mais sur un mode évanescent, de sa troupe de vieux potes- étrangement baptisés « déserteurs » :

 

« Un jour, nous nous reverrons,

« Un jour, nous nous reparlerons comme avant,

« Mon vieil ami,

« Tu restes mon vieil ami… »

 

Mention spéciale pour un autre titre  « Silver City Days » et son piano à la Jim Steinman compositeur du grand Meat Loaf.

 

Les textes des chansons ont juste ce qu’il faut de mystérieux et d’allusif, nous invitant au lâcher prise, au retour en soi paisible, cotonneux et rassurant.

Le morceau « Break The Spell » est, quant à lui, le seul extrait plus enlevé de l’opus, il n’en est pas moins très réussi.

L’enregistrement s’est déroulé dans les studios du célèbre Abbey Road de Londres et il est à parier que les musicologues de l’an 2050 diront : « Vous connaissez Abbey Road mais oui, vous savez le studio où Rachel Zeffira a enregistré son premier album solo  ?

 

 

 

 

 

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