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Rival Sons et Leur Show à l’Américaine

Rival Sons et Leur Show à l’Américaine

11 novembre 2019 | PAR Pierre Poughon

Le quatuor Rival Sons revenait à Paris après une énorme date au Bataclan en février dernier pour remettre une couche de leur show pas forcément si fou que ça. Cette fois-ci c’était à l’Olympia, on y était.

Les Rival Sons, nés des restes encore fumants de Black Summer Crush, ne sont en aucun cas des minots débutants dans l’univers du rock américain. Leur 6e album (en à peine 10 ans), sorti le 25 janvier, diffère un peu du reste de leur discographie. Un peu plus calme, sans oublier ses racines rock américain classique des années 60 & 70, Feral Roots se rapproche un peu du blues, du blues calme même. Sans trop se trahir, Rival Sons arrive assez facilement à tenir la baraque, tenant une fière chandelle à leurs illustres influences, Led Zep en fer de lance. Mais que dire, pour les fans du genre, cet album reste une pure bombe. Il est massif, les riffs, la voix absolument monstrueuse du chanteur, la recette fonctionne encore. Le quatuor américain réussit un coup d’éclat bien ficelé. A l’époque des Cover Bands insipides, il est certes préférable d’écouter de l’original, et quand l’orignal réussit, c’est encore mieux.

MNNQNS ouvrait la bal. On connaît bien le quatuor rouennais, on était il y a à peine un mois présents pour la release party de Body Negative, leur premier album, à la Maroquinerie. Les voilà ouvrant les géants Rival Sons, et c’était pas si ouf. On ne sait pas ce qu’il manquait, mais en tout cas ça en manquait. Leur performance, aboutie sans aucun doute, n’a pas réussi à prendre au niveau de l’Olympia. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, leur set, logiquement court, reprenait leurs sons les plus cools, sans fausse note ni rien. Mais apparemment, tout le monde n’attendait, malheureusement pour eux, qu’une chose, c’était Rival Sons. Il n’empêche, ces quatre gars-là sont un des futurs grands noms du rock français, sans nul doute, mais ce n’était pas pour hier soir à l’Olympia.

Voilà donc le trophée de la soirée. Les Rival Sons nous ont offert un show à l’américaine. Et il n’y avait vraiment pas de compliment là-dedans. Alors certes, pour les fans, le show était parfait, avec tous les classiques, quelques-uns du dernier opus, les meilleurs même, là dessus aucun problème. La performance de chacun des membres était dans les clous, rien à redire là dessus. Mais parlons-en, de cette performance.
Chacun des cinq membres étaient un peu des clichés d’eux-mêmes, clichés de personnes nostalgiques d’une époque qu’ils aimeraient revivre, et personnifiant de ce fait un peu tous les traits de l’époque. Le bassiste est immobile, si ses doigts ne bougeaient pas on l’arroserait pour qu’il pousse, c’est dire. Le batteur en soit est le seul qui n’en fait pas trop des caisses (pas trop, hein). Ça c’était jusqu’à son seul en scène habité par un solo sans baguettes. En soit, pourquoi pas, mais bon. Le chanteur, avec son pantalon trop serré, a essayé de mettre le paquet (sans mauvais jeu de mot, quoiqu’un peu). Bon, il a perdu de sa voix, ça arrive, mais il a eu le mérite d’être le personnage principal du show. Dès qu’il poussait la voix, le micro partait dix mètres à côté, à la Céline, et en bon chauffeur de salle à l’américaine, il ponctuait certains sons de « hoooohehooo », attendant la réponse du public. Avec Freddy Mercury ça passe, lui, moyen.

Passons au guitariste. Vraiment, il a 50 ans de retard le pauvre. On ne saurait même pas comment décrire sa performance. Alors certes, c’est un excellent guitariste, clairement, certainement un autant excellent compositeur. Mais sa présence sur scène, parfois drôle sans vraiment le vouloir j’imagine, laisse juste l’impression qu’il se fait chier. Passons au clavier/backeur. Certainement recruté pour le live (il a 20 ans de moins), il en fait une tonne. Mais genre une tonne. Dès qu’une note se lance, on voit sa barbe de 8000 mètres se trémousser. C’en est limite drôle. Et parlons juste un peu de la mise en scène, en particulier des lumières.  Qui a eu l’idée de placer une dizaine D’ÉNORMES projecteurs un peu partout sur la scène, face public, qui s’allument au gré du rythme des compos pour cramer tranquillement les rétines du public ?  Ah, le show à l’américaine qui veut en jeter…
Rival Sons a clairement réussi son show sur scène, vraiment, c’était très bien. Les fans en sont certainement ravis, et ils méritent si jamais on est fan du groupe. Mais on sent que les mecs ne sont absolument pas dans la bonne époque, et produisent un show à l’américaine si peu convaincant, si téléphoné, dans le cliché des vieux groupes qui se reforment pour le plaisir des fans et des impôts. Eux ne sont pas dans ce créneau, mais leur show par contre, raconte cette histoire.

Crédits Photo : Cover de Rival Sons – Feral Roots

 

Une bête ordinaire aux Déchargeurs, une claque nécessaire.
La création « Samsara »  de Jann Gallois, nous suspend littéralement…
Pierre Poughon

5 thoughts on “Rival Sons et Leur Show à l’Américaine”

Commentaire(s)

  • François tarrida

    Heu… Vous êtes sur qu’on a vu le même show la ? Car si j’en crois la standing ovation de 5 bonnes minutes à la fin avec la salle au complet reprenant en cœur le couplet d’une des chansons tout en apolaudissant à tout rompre, il est clair que Rival Sons à survolé sa soirée et à tout donné. Pour la nostalgie efrainee , je ne pense pas qu’elle ait quoi que ce soit à voir avec l’affaire. Ces mecs suivent leur voie avec une musique intemporelle et qui doit bien évidemment à la grande époque du rock, mais avec leur patte et leur passion perso. Et Jay Buchanan est l’un des grands chanteurs de son temps. Non vraiment, c’était un immense concert

    novembre 11, 2019 at 15 h 26 min
  • pascal

    « Rival Sons a clairement réussi son show sur scène, vraiment, c’était très bien. Les fans en sont certainement ravis »… »on sent que les mecs ne sont absolument pas dans la bonne époque, et produisent un show à l’américaine si peu convaincant » ?????? Plein de contradictions dans cette chronique. J’ai assisté au show à l’Olympia et j’ai trouvé qu’il était dans la continuité du bataclan, d’un très grand niveau mais avec une setlist bien chamboulée pour le plaisir des fans. Les musiciens étaient clairement à la hauteur, chacun dans leur style habituel, aux côtés d’un chanteur dont la voix est de plus en plus impressionnante. C’est sûr que Rival sons est clairement inspiré du hard-blues des seventies et ce qu’attendait le public présent à l’Olympia. Apparemment notre ami chroniqueur ne connaissait pas vraiment le groupe et n’adhère pas à ce style de musique car comme à chacune de leur venue en France, le groupe a donné un super show

    novembre 11, 2019 at 20 h 36 min
  • Lespaul250

    Re ”heu”

    Je suis d’accord avec François. Etiez-vous à l’Olympia samedi soir ? Le set était juste formidable ! Les rival sons ont complètement emporté le public dès les 2 premières secondes de concert !

    Jay Buchanan, Scott holiday, Michael Miley, et Dave Beist sont des musiciens rares, brillants techniquement et artistiquement, mais habités par ce petit rien qui fait toute la différence.

    Quant à Todd Ögren-Brooks, c’est un pianiste d’enfer…

    Et oui ils jouent du hard rock… Tant mieux !

    Immense groupe de rock et immense concert de rock intemporel ce samedi 09 novembre 2019 à l’Olympia de Paris

    Rock n’roll

    novembre 12, 2019 at 0 h 20 min
  • Karine KARBOWIAK

    Complètement d’accord avec le précédent commentaire : j’assiste assez régulièrement à des concerts dans les 3 premiers rangs de la fosse mais cette fois ci j’étais au premier rang du balcon au plus près de la scène, et même de la haut, je sentais le sol vibrer et l’énergie qui a embarqué toute la salle dès les premiers riffs de Scott Holiday, et pas seulement les premiers rangs de la fosse comme c’est souvent le cas. Quant à Jay Buchanan, sa voix légèrement éraillée ce soir là n’a en rien entacher sa performance et l’émotion avec laquelle il interprète ses titres. RIVAL SONS reste fidèle à sa musique et à son style, et je ne pense pas qu’il ait pu décevoir qui que ce soit. Je suis même certaine que le public serait bien rester 1 h ou 2 de plus avec eux et n’attend qu’une chose : qu’ils ne changent rien et reviennent très vite !!!

    novembre 12, 2019 at 12 h 32 min
  • Charles REAL

    Bonjour,

    c’est tout de même dingue d’écrire des articles aussi mauvais, faux et loin de la vérité de ce qui s’est passé.
    C’est un article d’un passionné de Mr GUETTA c’est ça?
    Il y avait tout dans ce concert. De la première à la dernière mesure. De la sueur, des tripes et du son, légendaire et de bonne qualité. Fort, juste ce qu’il fallait pour ne pas avoir besoin de filtres. Une cohésion basse batterie impeccable, un duo guitare chant incroyable. Du clavier, juste la bonne dose pour le soutien des autres instruments, du groove et une énergie projetée phénoménale, sans aucune volonté de s’économiser de la part des musiciens. Le public a parfaitement apprécié à tel point qu’on en a tous redemandé.
    Mais qu’est ce qu’il vous faut de plus dans un concert à la fin, vous qui êtes bien planqué derrière votre stylo???!

    novembre 14, 2019 at 17 h 01 min

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