Danse
La création « Samsara »  de Jann Gallois, nous suspend littéralement…

La création « Samsara »  de Jann Gallois, nous suspend littéralement…

11 novembre 2019 | PAR Jean Emmanuel P.
Jann Gallois, danseuse et chorégraphe, présente Samsara au Théâtre national de la danse à Chaillot, jusqu’au 17 novembre, puis en tournée. Cette nouvelle création traite du cycle des existences soumises à l’attachement et à la souffrance selon la croyance boudhiste, jusqu’à réussir à se libérer de ce cycle de vie. Envoûtant.
 
 
Une pièce baignée de spiritualité  
 
Jann Gallois a un parcours atypique. Etude au conservatoire, elle découvre alors le hip hop, qu’elle mélange aujourd’hui dans ses créations avec une écriture très contemporaine. Multiprimée pour sa première création en tant que chorégraphe, pour le spectacle P = mg en 2013 sur la force gravitationnelle, suit en 2015 une deuxième création solo, Diagnostic F20.9 sur la schizophrénie. En 2016, elle crée le duo Compact, très remarqué, puis le trio Carte Blanche et signe en 2017, une première pièce en groupe, dénommée Quintette
 
Avec Samsara cette fois, ils sont sept danseurs sur scène, dont Jann Gallois elle-même présente pour les représentations à Chaillot (une des deux danseuses étant absente pour blessure). « Le chiffre sept a pour moi un sens particulier, dit-elle : déjà parce qu’il s’agit de ma septième pièce ; ensuite c’est un nombre premier, donc un peu magique. J’avais envie d’avoir un plateau conséquent et c’est la première fois que je travaille avec autant de danseurs ».
 
Magique, le mot est lâché. Cette pièce est baignée de spiritualité bouddhiste, comme s’en réclame d’ailleurs Jann Gallois. En sanskrit, « samsara » signifie « l’ensemble de ce qui circule ». La pièce traite ainsi du cycle des renaissances dans lequel sont pris les êtres humains selon la croyance bouddhiste. Pour rendre compte de cette vision, Jann Gallois met en place un dispositif à travers un accessoire de cordes noires entre les danseurs, auxquels chacun d’entre eux est attaché par un harnais et qui les relie les uns aux autres. 
 
Entre danse et acrobatie 
 
« Ce genre de toile d’araignée, explique l’artiste, incarne ce que le bouddhisme nomme « attachement »  : toute notre vie durant, nous développons par ignorance un attachement aux choses, aux êtres, au succès et même à notre propre corps, alors que tout cela est amené à disparaître ». Pendant la représentation, les sept danseurs expérimentent alors toutes les combinaisons chorégraphiques possibles. Le groupe avance en cadence, puis tente de se disperser. Deux danseurs se rapprochent, d’autres les retiennent, un autre fait tout pour s’éloigner. Tous les corps s’enchevêtrent ou se révoltent à tour de rôle ou ensemble. Tous les mouvements semblent ainsi expérimentés. 
 
Et l’artiste de conlurer, «  bien que nous subissions l’emprise de l’attachement jusqu’à notre dernier souffle, la sagesse est de ne pas s’identifier à la souffrance qu’elle provoque mais de réussir à transcender cette souffrance et parvenir à renouer avec la « divine paix » qui sommeille en nous, notre véritable nature ». Pour donner à voir cette « ascension » vers le nirvana, Jann Gallois fait intervenir dans la dernière partie du spectacle un autre dispositif, par lequel les sept danseurs sont littéralement élevés, permettant une chorégraphie entre danse et acrobatie, à laquelle la musique composée par Charles Amblard ajoute au côté envoûtant. On vous en dit pas plus…
 
Création à Chaillot
Chorégraphie et scénographie : Jann Gallois
 
Visuel  (c) Laurent Philippe
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Jean Emmanuel P.

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