Non classé
MNNQNS + WHYPD – Rouen à l’Honneur

MNNQNS + WHYPD – Rouen à l’Honneur

04 octobre 2019 | PAR Pierre Poughon

Rouen était à l’honneur hier soir à la Maroquinerie, pour la Release Party du premier album de MNNQNS, soutenus par le compatriotes WHYPD.

Enfin, enfin. On attendait le premier album de MNNQNS (à prononcer Mannequins, un peu à l’anglaise) depuis la sortie de leur premier EP Capital, en 2016. Ils se sont fait attendre, c’est le moins qu’on puisse dire. Pourtant, archi présents dès qu’une scène s’ouvrait à eux, les roannais se sont rapidement forgé une réputation scénique évidente. Chacune de leurs apparitions recevait des critiques dithyrambiques, augmentant la hype derrière le quatuor. Sort en 2018 un nouvel EP, Advertisement. Toujours dans la recherche, l’explosivité et l’envie d’aller plus loin, cet opus est une tuerie. Avec Body Negative, leur premier LP, le quatuor confirme. Sorti le 13 septembre en France (un mois avant le reste du monde. CHEH), on sent que le groupe s’est inspiré de différents mouvements pour créer un album haut en couleurs et diversifié. Même, on croirait entendre du clavecin, agrémentant des sons parfois punk, parfois psyché, parfois très 60’s. Ils maîtrisent parfaitement leurs influences pour les magnifier au travers de leurs instruments et de leurs voix, véritablement travaillées, ça se sent. Les chansons s’enchaînent, certaines contenant de véritables hymnes à crier à plein poumons. 

Quand on voit WHYPD (We Hate You Please Die) dans la prog, on sait pertinemment que ça va être monumental. Ça tombe bien, ils ouvraient pour MNNQNS. Le quatuor nous déverse sans complexe son lot de punk rock acidulé sans complexe. Vraiment on sent qu’ils en ont fini avec l’envie de plaire aux gens. Ils font ce qu’ils veulent. Et c’est exactement ça qui plaît. Malgré des chansons pour la plupart simples, l’exécution et le charisme du chanteur font le reste. Les blacks orchestrés, en fonction, par le guitariste, la bassiste ou la batteuse, renforce l’atmosphère créée par leurs instruments. Le chanteur, aimant se confondre avec la fosse déjà chauffée à blanc, laisse parfois ses compères gérer le set. Les quatre rouennais (eux aussi. Décidément, tout le monde fuit la suie) se complètent, et on vraiment hâte de les voir dans un set plus long, pour découvrir ce dont ils sont capables. Rendez-vous le 5 février à la Boule Noire, on y sera.

Avec une première partie aussi bien assurée, il ne reste pas grand chose à faire. Le tout est de le faire. Et de le faire bien. Sauf que MNNQNS, c’est pas juste bien. MNNQNS c’est une tuerie. C’est chaque membre du quatuor à son maximum. Arrivé apprêtés, ils déroulent. A peine le temps de dire bonjour que le tir est parti, et touche sa cible. Y’a pas à débattre, ces gars-là sont une tuerie. Le set est explosif, les chansons s’enchaînent à un rythme effréné, n’accordant que de rares pauses à une Maroquinerie pleine. Ces rares pauses, ponctuées de remerciements de part et d’autre de la scène, mettent en exergue le charisme de chacun d’entre eux. Aux comportements différents, ils forment une entité absolument irrésistible. Leur musique est absolument parfaite. On sent qu’avec cet album, ils ont passé un cap. Les gamins grattant trois accords ont laissé place à des adultes maîtrisant leur sujet et la scène. Absolument envoûtant. 

Crédit Photo : Cover de Body Negative – MNNQNS

Première rétrospective de Käthe Kollwitz au Mamcs de Strasbourg
Interview : Michelangelo Pistoletto : « J’ai défini la formule de la création : elle peut être utilisée par tout le monde. »
Pierre Poughon

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *