Pop / Rock

[Live report] Joan As Police Woman : In the heat of the night !

[Live report] Joan As Police Woman : In the heat of the night !

23 mars 2014 | PAR Arnaud Berreby

Difficile d’échapper aux griffes velues et animales de la police quand elle tient enfin sa proie apeurée et chétive, et ce n’est pas notre président déchu qui nous contredira. Surtout quand la représentante de ladite maréchaussée porte les traits délicats de Joan Wasser, alias Joan As Police Woman (voir notre interview) qui s’est produite en show-case au Lutetia ce 20 mars, à l’invitation de OuïFM.

 4850 non lus amelieblaustein_niddam Yahoo MailL’artiste et son groupe sont venus défendre le dernier album en date (The Classic, PIAS) sorti il y’a quelques jours, chroniqué ici par Toute La Culture.

Pas de quartier pour les repris de justesse ni de droit d’inventaire, Joan attaque son set fougueusement avec « What Would You Do », loyal et énigmatique.

Les trois musiciens qui l’accompagnent ne sont pas cantonnés aux rôles de backing band car, de par leur cohésion chaleureuse et leurs harmonies vocales si élaborées, ils apparaissent bien comme un collectif homogène et radieux.

Voici un guitariste à la Gibson inspirée et noire, comme la rythmique funky qu’elle délivre, soutenue quand il faut, par une pédale Wahwah hargneuse et collante, cette suie afro-américaine lippue et malicieuse. Un clavier très rythmique, soutien essentiel, également saxophoniste par moments, et un batteur métronomique, syncopé et chanteur, noble épigone des Taylor et Henley.

Enfin Joan elle même, talentueuse poly instrumentiste qui jouera pendant ce concert du clavier Moog, de la Stratocaster et du violon (sur Stay).

Le single actuel, « Holy City », est ensuite exécuté avec tact et mesure, la captation sonore est excellente et tente de couvrir le brouhaha permanent venant du public, certains boulets, pardon, invités, étant visiblement peu intéressés par le spectacle de ce soir.

Par ailleurs, une torpeur tropicale règne dans la salle à l’exact opposé du glacial accueil des spectateurs, métamorphosant les musiciens en travailleurs de chantier qatari maltraités par des employeurs visiblement ignorants du code du travail.

« Good Together », toujours extrait du dernier album, est alors joué avec émoi par une Joan belliqueuse, toute vêtue de cuir bleu horizon, et conclu en un final armé de guitares poisseuses, condescendantes et saturées à la Jean Genie, reminiscent du Thin White Duke.

L’artiste refuse de brûler les étapes, elle se contente de nous les faire passer à petit feu, salves et escarmouches contenues, tenaces et orangées, vivaces et vitales : elle est un soir d’été.

Les titres défilent, « Shame », léger et seventies, comme échappé du « Songs In The Key Of Life » du grand Stevie Wonder.

« Stay », tentative d’emblée vouée à l’échec, de retenir un amant salace, qui s’enfuit déjà, un sourire moqueur et kabyle déformant ses lèvres de goujat.

Puis, « The Classic », épanoui et entraînant sera délivré comme sur l’album, en mode vocal exclusif, soulignant encore l’impressionnante cohésion chorale des musiciens.

Enfin, « Your Song », joué en conclusion par une Joan seule au clavier, visiblement troublée et méditative: un ange passe, bleu et solaire.

Elle quitte alors la scène après avoir déclaré que c’est le concert le plus humide qu’elle ait donné à ce jour…

Visuel : Arnaud Berreby

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