Pop / Rock
[Live-Report] Jesca Hoop, Holy Two et Wyve pour le festival Clap Your Hands

[Live-Report] Jesca Hoop, Holy Two et Wyve pour le festival Clap Your Hands

24 avril 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Samedi soir, la septième édition du festival Clap Your Hands s’achevait sur une note pop folk agréable. Après une première soirée dynamique et un vendredi soir placé sous le signe de la Suède, le Café de la Danse accueillait, pour le final du festival, la pop électro du duo Wyve, suivie de l’énergie explosive des lyonnais d’Holy Two et la folk habitée de Jesca Hoop.

C’est avec un duo francilien vigoureux que la soirée commence au Café de la Danse dans une ambiance planante et fraîche à la fois : le groupe Wyve ouvre le bal avec un talent prometteur. On sent les deux jeunes hommes ravis d’être devant nous. Le chanteur et compositeur Maxime Toussaint nous raconte même : « Il y a peu de temps, on était là en tant que spectateurs au Café de la Danse, et on se disait « c’est vrai que ce serait vachement bien de pouvoir jouer ici » et nous y voilà » . Vaporeux, presque mystiques, leurs titres sont une agréable entrée en matière. Son partenaire Michaël Dietrich l’accompagne en jonglant entre guitare et batterie électroniques. Avec « Light » le duo fait monter le suspense mais c’est avec « Breathe » qu’ils nous montrent toute l’étendue de leur univers fantasmagorique.

img_20170423_002439_955

Place aux lyonnais de Holy Two ! Vestes à faire pâlir une couverture de survie et démarche décontractée, Elodie et Hadrien s’installent en quelques minutes sur scène et démarrent au quart de tour avec leur musique aux rythmes lents mais percutants et aux accents électro. On démarre en espagnol avec « La Tal » et ses accents rétro. Elodie, d’une voix grave et profonde, alterne chant, parfois rap comme dans le fougueux « Wild nights » , et clavier, avec une nonchalance travaillée. Les regards échangés avec son binôme Hadrien trahissent une vraie complicité qui transpire à travers leur performance live. Ce dernier est vraisemblablement taillé pour la scène : jeu habile sur sa guitare électrique ou sa basse, mèche de cheveux décoiffée lorsque la performance s’intensifie et charisme certain, le jeune homme sait nous atteindre. Rémis Ferbus les accompagne à la batterie pour une impulsion supplémentaire bienvenue, rendant la transmission à un public complètement passif plus efficace. On peut parier sans trop prendre de risque que Holy Two a un joli avenir musical devant lui.

img_20170423_001956_228

L’attente se fait sentir avant le passage de Jesca Hoop. La salle se vide, peu sont restés. Quel dommage ! La jeune femme fait enfin son entrée sur scène : coiffure qui reflète sa personnalité créative et habitée, veste large en tweed et pantalon évasé, l’artiste vient se poster devant le micro accompagnée par sa seule guitare. Et c’est tout ! Concert intimiste en perspective. Tout en douceur elle entame ses morceaux avec une espèce de tranquillité paisible. Entre espoir et constat critique ses textes sont poétiques et percutants. Sur « City birds » , l’émotion l’a emporté : l’actualité la préoccupe vraisemblablement. Elle fait en effet à plusieurs reprises des références à l’élection présidentielle à venir et a d’ailleurs tenu à « s’excuser de la part des Etats-Unis pour avoir lancer une tendance« , se référant implicitement et avec humour au populiste Trump et à la montée du Front National en France. Pleine d’esprit, elle nous parle comme si elle nous connaissait et partage un peu de son vécu. Jesca Hoop impressionne par sa voix à la gamme large : elle persiste dans des graves vibrants comme elle peut s’envoler dans des airs aigus : à ce titre, son interprétation de « Songs of old » était sublime. Quelle profondeur ! Et elle sait se réinventer, alternant entre une pop riche et smooth avec « Animal kingdom chaotic » puis voix et mélodie country avec « Simon says« . Malgré les erreurs et quelques ratés, Jesca Hoop a su nous montrer l’étendue de son talent, son charisme naturel et envoûtant a fait le reste. Les spectateurs ont beau ne pas être très nombreux, elle sait les tenir en haleine par sa seule présence et voix incroyable. On sent que le public présent dans la fosse est attentif, écoute l’artiste presque religieusement avant de l’applaudir respectueusement. Il était clairement venu pour elle ce soir.

On regrettera quand même un manque de dynamisme pour la fin de ce festival dû sans doute aux élections du lendemain et aux multiples événements du Disquaire Day qui avait lieu le même jour. Ce fut malgré ça de bons moments de musique passés au Café de la Danse cette année encore.

Visuels :Jesca Hoop © Angel Ceballos

Photos du concert © LZ

[Interview ] Michèle Reiser parle de la programmation du Festival de Paris
[Interview] Philippe Chevallier : L’art difficile de Claude François
Laetitia Zicavo

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *