Pop / Rock
[Live report] First Aid Kit au Café de la Danse

[Live report] First Aid Kit au Café de la Danse

26 septembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Après avoir joué la veille au Royal Albert Hall de Londres (ah ouais, quand même…), les deux sœurs Söderberg, qui en dehors des repas de famille, se font appeler les First Aid Kit, investissaient hier soir un cadre considérablement plus intimiste, puisqu’elles présentaient au Café de la Danse parisien leur troisième album studio Stay Gold

Et d’or, on nous signale immédiatement que c’est bien de cela dont il s’agit. Car Johanna et Klara portent sur elles des vestes pailletées, en parfaite corrélation avec la teinte de leur jolie chevelure (l’une est blonde, l’autre est plutôt châtain). Car derrière le duo fraternel, le mur est tapissé comme s’il devait figurer une constellation étoilée et brillante. Il s’illuminera lorsque l’éclairage et les envolées vocales lui en donneront l’occasion. Car la pop folk de First Aid Kit, surtout, brille d’un feu délicat et sensoriel qui n’a toujours pas vu sa flamme faiblir malgré l’arrivée d’un troisième album dont on craignait que la ressemblance (si ce n’est le mimétisme ?) avec ses deux prédécesseurs (The Big Black & The Blue et The Lion’s Roar) ne vienne donner à son live une sensation de lassitude à force de se faire monochromatique.

Mais la surprise fut grande, et pour tout dire agréable. Car autour de Johanna (clavier), de Klara (guitare acoustique), et de leurs voix qui se superposent avec une synchronisation parfaite (c’est à croire qu’elles se connaissent bien…), on retrouve un batteur et un animateur de machinerie sinoque (d’où provient ces sons issus de contrées autres), dont la présence offre aux compositions suaves et sensibles des deux Suédoises une profondeur et une force nouvelle, qui tendront de ce fait, la plupart du temps, davantage du côté de la pop vitaminée que du folk endolori. Entre quelques escapades blues country, bien plus proches des déserts du Sud des États-Unis que des forêts velues et froides de Scandinavie, on retrouvera même quelques instants rock, et notamment sur cette reprise du « Love Interruption » de Jack White (dont on se souvient qu’elles ont effectué jadis quelques premières parties), et surtout, lors de la récitation endiablée du tube « The Lion’s Roar » (les sourires sont à cet instant sur de nombreux visages).

Des tubes, d’ailleurs, et on s’en est rendu compte hier soir, les deux frangines du Nord de l’Europe commencent à en avoir accumulé un paquet. Et comme il était convenu que tous repartiraient avec un contentement maximal, on les entendra tous : ceux issus du dernier album (le très pop « My Silver Lining », le très bouleversant « A Long Time Ago »), le chamanique « Wolf », l’aérien « Emmylou », et « Ghost Town » interprété sans microphone, avec le minimalisme du tandem acoustique + voix, auquel viendra s’ajouter la participation du public tout entier.

Il y a des têtes qui se dandinent, des mots malins et prononcés dans un français remarquable, des applaudissements dans les tribunes et dans la fosse, et une certitude : si le titre de leur dernier album est issu d’un poème de l’Américain Robert Frost (« Nothing gold can say ») et marque une crainte (légitime) de l’éphémère, les deux sœurs Söderberg peuvent pour le moment se rassurer. Car avec une performance comme celle proposée hier soir, elles resteront enrobées sous une couverture dorée et magnifique un moment encore.

Visuels : © YBouH

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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