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[Bruxelles] Éblouissante « Peinture de Sienne » au Bozar

[Bruxelles] Éblouissante « Peinture de Sienne » au Bozar

25 septembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Alors que la rougeoyante ville toscane célèbre pour son Palio est candidate (avec Cagliari, Lecce, Matera, Pérouse, Ravenne) pour être ville européenne de la Culture en 2019, c’est vers les 13ème, 14ème et 15ème siècle de cette cité que le Bozar bruxellois se penche pour célébrer la présidence italienne de l’Europe. Réunissant une soixantaine d’œuvres peintes gothiques habitées, l’exposition scénographie en noir et blanc une piété profonde et une paix enchanteresse. Magnifique!
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De par sa situation incontournable, sur la Via Francigena, qui menait les pèlerins d’Europe du Nord vers Rome et puis vers Jérusalem, Sienne était un lieu d’échanges marchands et culturels. Grace à des prêts exceptionnels de la Pinacoteca Nazionale di Siena, l’exposition Peinture de Sienne montre des œuvres peintes (des tableaux mais aussi des objets religieux ou d’artisanat) des grands artistes qui ont marqué l’histoire de la ville et de son art du 13ème au 15ème siècle. Parmi eux : Duccio, Simone Martini, les frères Lorenzetti, Sassetta et Giovanni Di Paolo.

Choisissant un ordre thématique qui suit les motifs religieux marquants de cette peinture gothique, le parcours de l’exposition utilise avec brio les couleurs du blason de Sienne (le noir et le blanc) pour mieux faire éclater les dorures d’icônes et les couleurs profondes des œuvres exposées. Dès le premier coup d’œil sur une vierge à l’enfant de Dietisalvi Di Speme (1262), on entre dans un hors temps à la fois sensuel et très spirituel.

Quelques annonciations plus tard, on quitte Marie pour entrer dans la représentation des saints, les généraux, les locaux et les femmes, dont la fameuse Sainte Catherine, figure tutélaire de la ville. Les scènes de la vie du Christ sont tout aussi hautes en couleur et en inspiration. Quant au jugement dernier, la fresque majestueuse de Giovanni di Paolo (1460-65) représente une humanité qui s’étreint, un paradis d’un apaisement fou, et des damnés sagement résignés. Magnifique de part en part, l’exposition donne envie de retourner au plus vite redécouvrir les trésors d’une grande ville du Moyen-Age et de la Renaissance italiens.

visuels:

affiche de l’exposition
1. Dietisalvi di Speme La Vierge à l’Enfant en majesté entourée de deux anges (La Vierge de saint Bernardin) 1262 Inv. 16 tempera sur panneau, 142 x 100 cm Siena, Pinacoteca Nazionale
2. Stefano di Giovanni, dit « Il Sassetta » L’Institution de l’Eucharistie 1424 Inv. 167 panneau de la prédelle du retable de la Arte della Lana Tempera sur panneau, 24.1 x 37.9 cm Siena, Pinacoteca Nazionale
3. Margarito d’Arezzo, Saint François d’Assise, 1240-1245, Inv. 2, tempera sur panneau, 95 x 37 cm, Siena, Pinacoteca Nazionale.
4. Duccio et atelier (Maître de la Maestà Gondi) La Vierge à l’Enfant en majesté et Scènes de la vie de la Vierge 1311-1313 Inv. 35 tryptique portatif feuille d’or et tempera sur panneau, 89 x 68 cm (ouvert) Siena, Pinacoteca Nazionale

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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