Pop / Rock
La Magie de Dry Cleaning

La Magie de Dry Cleaning

02 mai 2022 | PAR Pierre Pouj

Hier soir, à La Maroquinerie, Dry Cleaning a pris possession des lieux pour un concert exceptionnel, une soirée dantesque comme on en voit rarement.

Le quartet mixte du sud de Londres Dry Cleaning fait partie de ce genre de groupe, comme Bodega vu quelques semaines plus tôt dans la même salle, qui, d’un coup, perce. On ne sait pas si iels ont trouvé la recette magique où sont simplement arrivé.es à créer quelque chose qui correspond exactement à l’époque, son envie et ses besoins. Mais, honnêtement, on s’en fiche un peu, le plus important reste la musique. Ici, on reste sur du simple et de l’efficace. Pas de chichis, quelques petits effets par-ci par-là sur la guitare ou la basse, la batterie vient mettre quelque coups de fouets bien sentis, et on a là la base du groupe, du post punk bien vivant. Et, l’ingrédient mystère, le petit plus, s’appelle Florence Shaw. On ne la qualifiera pas ici de chanteuse tant elle ne fait que parler. D’une voix monotone elle déclame ses textes, imprégnés d’une certaine de mélancolie. Le résultat est tout simplement brillant. Avec un album, New Long Leg (2021) et quelques EP, leur tournée est impressionnante, et ça n’est que le début d’une carrière qui s’annonce gigantesque.

Pour ouvrir les débats, on a le droit a un changement de registre total. L’irlandaise Maria Somerville s’acquittera donc en solitaire de cette tâche. Avec sa guitare, derrière une petite table remplie de pédales d’effets et d’un pad, elle capture l’attention. Dans un silence d’église, malgré une Maroquinerie étonnamment bien remplie pour une première partie, elle entame son set. Sa guitare sonne comme un halo de lumière, se répandant rapidement dans la salle. Parfois sans parole ni batterie électronique, la première partie a tout d’une dream pop calme et envoûtante. D’une douceur extrême, on découvre ici une artiste talentueuse, et on se laisse facilement porter dans son univers, une vraie pause dans le temps.

Les derniers espaces sont plein, il paraît impossible de se frayer un chemin en fosse ou ailleurs, La Maroquinerie a l’affluence des grands soirs. Pour une date reportée plusieurs fois, on peut dire que les présent.es tenaient absolument à découvrir le groupe en live. Et, le spectacle fut à la hauteur des attentes. Une fois passée le changement de plateau, le quatuor déboule sur scène et lance les premières notes. Les trois instrumentalistes, dans leur domaines respectifs, sont excellents. Le guitariste, talentueux et charismatique, capte assez facilement l’attention. Le batteur et le bassiste, plus en retrait, tiennent magnifiquement bien la baraque, sans trop en faire. Mais, encore une fois, il est assez compliqué de quitter des yeux l’héroïne du jour. Statique derrière son micro, de sa voix magnétique, sa performance est géniale. A l’image qu’on pouvait avoir en écoutant les sorties du groupes, elle reste là, parle, capte, et regarde. On jurerait qu’elle n’a pas cligné des yeux une seule fois. Et, vu les réactions du public, on peut dire que ce concert était un succès, un succès retentissant. Une fois n’est pas coutume, en sortant de la salle, les premières critiques sont dithyrambiques, et certain.es se disent chanceux.ses d’avoir pu assister à un concert si exceptionnel 

 

Crédits photo : cover de Dry Cleaning – New Long Leg

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