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Régine, la « Reine de la nuit », décédée ce 1er mai à l’âge de 92 ans

Régine, la « Reine de la nuit », décédée ce 1er mai à l’âge de 92 ans

02 mai 2022 | PAR Capucine De Montaudry

La Grande Zoa, chanteuse, actrice et femme d’affaires, personnalité iconique de monde de la fête, s’est éteinte dimanche à l’âge de 92 ans. Retour sur la vie d’une femme aux mille personnalités. 

Régina Zylberberg est née le 26 décembre 1929 à Anderlecht, en Belgique, de parents juifs polonais. Elle grandit à Paris où s’installe son père à partir de 1932, puis dans le Sud de la France où elle échappe aux rafles lors de la guerre. Mariée à Paul Rotcage en 1947 puis à Roger Choukroun en 1969, elle œuvre toute sa vie dans des discothèques et des clubs, tout en se constituant comme un grand nom de la chanson française. 

La « reine noire de nos nuits blanches » 

Régine, c’est avant tout une passionnée de la fête et une femme d’affaires : elle ouvre 23 établissements dans les grandes villes du monde (Paris, New-York, Rio de Janeiro, Istanbul…) et côtoie des personnalités de la musique ou du cinéma. Sa vocation pour les clubs et les discothèques naît dans les années 1950. De retour à Paris depuis la Libération, elle décide d’ouvrir en 1956 la boîte de nuit Chez Régine, alors située à Saint-Germain-des-Prés, puis en 1961 le New Jimmy’s au boulevard du Montparnasse. Elle fait découvrir le twist à un public chic et aisé.

Par la suite, lorsque son nom et ses clubs se font connaître à l’étranger, elle crée des parfums, des vêtements, un magazine. Dans le sud de la France, elle prend en 1990 la direction de l’hôtel quatre étoiles Cheval-Blanc Régine’s Hôtel, où elle organise des fêtes inoubliables. Personnalité populaire par ses chansons, elle se montre avec les affaires sous un aspect cosmopolite et mondain, et trouve tout au long de sa carrière un grand succès auprès des publics huppés, malgré les difficultés rencontrées. 

Artiste à ses heures

À Aix-en-Provence, pendant la guerre, Régine découvre son goût pour le chant et la musique, qui ne la quitte plus de toute sa vie. De grands noms vont composer pour elle Nounours (Charles Aznavour), Les p’tits papiersReviensPourquoi un pyjamaLes femmes, ça fait pédé (Serge Gainsbourg), L’aspire à cœurs (Patrick Modiano). Elle interprète aussi Je survivrai en 1979, version française de la fameuse chanson de Gloria Gaynor. Elle reprendra de nombreux titres lors de la tournée La Grande Zoa en 2016. 

On la rencontre également en tant qu’actrice dans des films comme Les Ripoux en 1984 ou Grosse fatigue en 1993, puis comme écrivain lorsqu’elle publie ses mémoires dans Appelle-moi par mon prénom en 1995 et Moi, mes histoires en 2006. Elle revient avec un humour pétillant sur son histoire : son enfance en tant que réfugiée de la persécution nazie, ses amitiés, son parcours d’artiste, ses talents de femme d’affaires. 

La fin de sa vie est marquée par la tournée La Grande Zoa en 2016, au cours de laquelle elle passe par de nombreuses villes de France et par les Folies Bergère à Paris. Annoncée comme une légende de la chanson française, elle réinterprète tous les textes qui l’ont fait connaître auprès du grand public. 

Son piquant et sa verve pétillante se sont éteints avec elle dimanche, laissant le souvenir d’une diva au sourire éclatant. Pourtant ce n’est pas sans une pointe de nostalgie que nous reviennent ces quelques phrases des P’tits Papiers : Laissez parler / Les p’tits papiers / À l’occasion / Papier chiffon / Puiss’nt-ils un soir / Papier buvard / Vous consoler. »

Visuel : © Georges Biard-Créatives Commons

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Capucine De Montaudry

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