Musique
L’Art Punk au Sommet avec BODEGA

L’Art Punk au Sommet avec BODEGA

07 avril 2022 | PAR Pierre Pouj

Le quintet mixte étasuinien BODEGA fait partie de ce genre de groupe qui, un jour, arrive dans toutes les playlists, se retrouve sur toutes les bouches, sans trop savoir comment. Leur punk à la saveur particulière a manifestement fait mouche auprès de bon nombre d’entre nous. La Maroquinerie en a fait les farsi hier soir, on vous raconte.

 

En 2018, le quintet BODEGA a fait une entrée plus que remarquée dans la scène punk new-yorkaise. Avec Endless Scroll, cet album « art-punk » a déversé en une demi heure un concentré de guitares distordues, d’une basse massive, d’une batterie simpliste et de paroles plus criées que chantées. La recette prend, le son est là, le côté catchy des lignes rend l’écoute enivrante, énergisante. Malgré une certaine redondance, on avait là un album de punk bien cool, bien puissant. Puis, il y a un tout petit peu moins d’un mois, le quintet sort Broken Equipment, et gomme ainsi les quelques défauts de son précédent opus. Un peu plus fouillis, un peu plus éclectique, on retrouve toujours cette recette de punk qu’on pourrait qualifier de sobre (si vous avez mieux, n’hésitez pas), tout en rajoutant ça et là quelques effets de voix, quelques pads ou piano, quelques digressions. Plus profond aussi, on retrouve dans cet opus des réflexions philosophiques, saupoudré d’humour et de référence à leur ville, qu’on devine être une influence toute particulière. Voilà donc un nouvel album plus complet, plus intéressant, plus recherché, et toujours aussi art-punk.

 

 

Trio féminin de Londres, Deep Tan nous a proposé en première partie de cette soirée un punk calme mais rapide, et plutôt sobre. L’extrêmement talentueuse bassiste nous a proposé des lignes de basses éclatantes, en parfaite osmose avec une batterie simple, sans fioritures ni crash, mais très bien dosée. Sur cela se rajoutait la guitare claire de la chanteuse, bilingue anglais/français, aux paroles plus parlées que chantées. Quelques guitares ou synthés préenregistré.es ont pimenté certaines des courtes chansons proposées par le groupe. En tout pile une demi heure, Deep Tan a fait montre d’une maîtrise globale, sans vraiment électriser la foule. Une première partie somme toute réussie

Après le changement de set de rigueur, entre sur scène BODEGA. Le quintet new-yorkais mixte était attendu, c’est le moins que l’on puisse dire vu la clameur accompagnant leurs premiers pas sur la scène de La Maroquinerie. Et pendant plus d’une heure et demi, le groupe s’est acharné à se montrer à hauteur de la hype qui les précédait. Un sacré concert, sans trop de pause, de fioriture. Mention spéciale à la batteuse, vraie pile électrique, jouant debout (à la Slave) et laissant le soin des Hi-Hat à la chanteuse, d’un charisme fou. Son compère au chant s’est quant à lui démené comme un beau diable, allant jusqu’à accueillir sur scène un groupe de la fosse pour danser sur les planches de La Maro. Finissant en apothéose avec Jack in Titanic puis une reprise de Sympathy For The Devil des Stones, BODEGA a su mettre une ambiance folle du début à la fin, pour un concert d’art-punk dont on se souviendra bien longtemps.

 

Crédit photo : Cover de BODEGA – Broken Equipment

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