Pop / Rock
[Chronique] « Kulturkatzenjammer » : un Pajaro Sunrise 2.0

[Chronique] « Kulturkatzenjammer » : un Pajaro Sunrise 2.0

20 décembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Pajaro Sunrise

[rating=3]

Après dix années passées à déverser ses tonalités viscéralement folk à travers une discographie faite de trois albums studio, l’Espagnol Pajaro Sunrise découvre le monde contemporain et ses machines faiseuses de miracles, et engage son dernier album Kulturkatzenjammer vers des horizons parfois proches d’une folktronica somptueuse.

Que ce soit par le biais d’une folk épurée et virginale (ses trois premiers albums) ou à l’aide d’appareils numériques venus prêter main-forte aux outils acoustiques (ce quatrième album), Yuri Mendez Jr (aka Pajaro Sunrise) paraît faire partie de cette race de compositeurs bénis par quelques divinités païennes, capables d’engendrer la beauté quel que soit le moyen (et le matériel) mis à leur disposition pour y parvenir.

Sur Kulturkatzenjammer, cet originaire du nord de l’Espagne touche en effet encore une fois au plus près du véritable, mais ne se contente pas comme jadis de l’accumulation d’arrangements folks pour y parvenir. S’il accouple souvent les sonorités issues de sa contrée natale (« Il Sorpasso ») avec des balades folk qui le rapprochent toujours autant de son aîné Cat Stevens (« A Love Like Mine », « 086 »), Pajaro Sunrise renouvelle et densifie également en profondeur son univers musical en y ajoutant un timbre pop (« Long Forgotten Flowers », « Good To See You »), new wave (« Minolta », « Move Like A Ghost »), kraut (« The Vision ») et même electronica, comme sur les deux ténébreuses parties de « Hopefully » (l’intro et la conclusion).

À trop vouloir entremêler les genres et bouleverser les codes édictés depuis une décennie, l’album finit sans doute par manquer quelque peu de cohésion thématique, ce qui n’enlèvera cependant rien à la beauté globale d’un objet audacieux et largement renouvelé. En continuant sur la voix de la folktronica exigeante, Pajaro Sunrise pourrait même finir par trouver la recette qui lui permettra de toucher, une bonne fois pour toutes, les tympans et les sensations d’un public enfin plus élargi. La beauté se doit d’être partagée à tout prix.

Pajaro Sunrise, Kulturkatzenjammer, 2013, Lovemonk / La Baleine, 46 min.

Visuel : © pochette de Kulturkatzenjammer de Pajaro Sunrise

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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