Pop / Rock

A la Maroquinerie, double jeu pour Michael D’Addario des Lemon Twigs

A la Maroquinerie, double jeu pour Michael D’Addario des Lemon Twigs

03 octobre 2018 | PAR Clara Bismuth


A seulement 19 et 21 ans, les frères D’Addario peuvent déjà se vanter de leurs deux albums et de leur position en tant que jeunes prodiges du rock. Pour Michael et Brian, les singeries et l’esprit décalé sont plus qu’un talent, c’est un art. Terriblement inspirés des 60’s, au look vintage et pourtant bel et bien modernes, leur première tournée mondiale débutait ce lundi 1 Octobre à la Maroquinerie. Un rendez-vous obligatoire pour Toute la Culture.

Pour ces deux Américains de Long Island, la musique est une affaire de famille. En 1976, le père Ronnie d’Addario au look Beatles sortait déjà un album épatant, Take In a Show et qui déteint assez dans les compos actuelles des deux fils.
L’ainé Brian, est une fusion entre un Alex Chilton et un Brian Wilson tandis que son frère est un Marc Bolan euphorique sortit d’une Commedia del Arte. A eux d’eux ils forment un duo d’un autre temps : The Lemon Twigs. Enregistrement sur magnéto à bandes 24 pistes, refrains catchy beach-boysiens, synthé, cuivres et instruments à vents façons opéra rock et poésie à tous les étages, ces deux précoces séduisent les puristes aussi bien que les néophytes. Pas surprenant de découvrir la salle de la Maroquinerie complète d’une fan base déjà amoureuse et fidèle.
Mais ce soir du 1er Octobre, le public est tiraillé par un sentiment de frustration et d’excitation. Brian d’Addario n’est pas de la partie. Pour des raisons de santé, seul son frère fait acte de présence et relève le défis d’un show semi-improvisé. Un challenge d’autant plus difficile pour Michael qui disait ne pas apprécier plus que ca les longues tournées. Oui car ces petits génies sont des mordus du studio, des salles intimistes, du travail acharné pour vider leur cerveau de l’embouteillage créatif qui opère en permanence. Mais quand bien même Michael se donne à fond et d’ailleurs il faut car le reste du groupe (avec qui il ne joue pas habituellement) semble avoir un peu de mal à suivre… Gymnastique sur accords plaqués, grimaces à la Actor Studio pour accompagner les paroles et riffs tonitruants à la guitare, bien assez pour que tous les yeux ne se portent plus que le King des citronniers.
De Queen of My School en passant par This Is My Tree, Never in My Arms, Always in My Heart, Baby, Baby et As Long As We’re Together, Michael survole dignement les deux albums : Do Hollywood et Go To School. Énergique, délirant voir enragé, les sourires sont bien présents malgré l’absence de légèreté et de sensibilité qu’apporte habituellement Brian.
Un duo qu’on espère écouter à nouveau mais au complet en mars à la Cigale.

 

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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