Musique

La playlist quasi working girls

La playlist quasi working girls

08 septembre 2018 | PAR Antoine Couder

Cette semaine, les chouchous dans le désordre : Beak, Marie Davidson, Phoebe Bridger, Liza Ekdahl et Agathe Bonin.

 I know you love me– Liza Ekdahl

Est-ce que tout ne se joue pas clairement sur le terrain de la nostalgie pour la petite Liza aujourd’hui ? Celle du jazz celle de son ex-mari, le musicien Salvadore Poe avec qui elle a connu un succès fort mérité. Du coup, elle se demande si celui qui l’aime sait vraiment de quoi il parle, parce que le temps passe, parce que Liza n’a plus vingt ans, parce que ce qu’il y a de plus glamour dans cette histoire, c’est peut être cette jolie Dyane bleue (Citroën) qu’elle rejoint finalement telle la princesse qu’elle demeure absolument.

Personne avec qui danser– Agathe Bonin

Mais comme le chantait Jeanne Moreau dans « La vie s’envole » combien l’on regrette d’avoir été aussi bête (on  » se rappelle toutes les folies qu’on aurait pu s’payer sur terre »). Il faut souhaiter à Agathe Bonin de ne pas être faite de ce bois là puisque le doute subsiste dans ce méli-mélo psychologisant qui joue avec la prude limite de la virginité. Lunette ronde et jambes bien serrées, le mode d’emploi de la vie de femme qui s’annonce semble avoir été égaré. On appellera les (filles) objets trouvés.

Scott street– Phoebe Bridgers

Un peu plus de sérieux avec la jeune prodige folk de Los Angeles qui pour le coup se joue des images et des représentations pour proposer sa musique triste certes, mais relevée, parfaitement composée. D’accord c’est une enfant de la balle (elle a appris le banjo avec la mère de Ben Harper, si si) mais enfin l’idée est quand même de prendre la tangente et de fuir le côté pourri de l’existence (dans ce cas de figure, la parentèle qui se déchire avec le papa dans le rôle du méchant). Et voilà le résultat. Neil Young + Hank Williams + The Pretender ça donne forcément quelque chose qui tient la route.

Brean down- Beak

L’ex Portishead  Geoff Barrow revenu d’entre les morts des années 90 avait surpris tout le monde avec ce retour en Beak tout en murmures rythmiques et paradoxalement pré-électronique. Peut-être rien de nouveau depuis mais toujours ce beat entêtant qui surfe sur un psyché rock de haute qualité et ne laisse aucun doute dans son magnifique drummin’ sur sa capacité à tenir haut la main n’importe quel exercice métronomique. Alors, bien sûr, tout cela est un peu sombre … mais on ne se refait pas.

So right- Marie Davidson  

Et pour boucler en beauté la ballade en Dyane de la célèbre Liza, une petite sœur d’aujourd’hui, pur jus 2018, la Canadienne qui chante en anglais et en français comme on dit et en déjà pas mal sous le capot (le duo « Essaie pas » au premier chef). Mini-démonstration dans l’attente d’un album solo à paraître sous peu chez Ninja Records avec la formule magique suivante  : tapis rythmique austère et incantation gothique tournée ver un dance –floor ravageur pas vraiment fait pour accompagner une publicité. On n’est pas couché.


 

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il prépare actuellement une biographie de Jacques Higelin (Castor Astral, 2020)

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