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[Live-Report] : Raissa Lahcine chante ses bulles de vie au Sentier des Halles (06/06/2012)

[Live-Report] : Raissa Lahcine chante ses bulles de vie au Sentier des Halles (06/06/2012)

07 juin 2012 | PAR Yaël Hirsch

Hier au Sentier des Halles avait lieu la première du spectacle composé et écrit par la comédienne et chanteuse Raïssa Lahcine. Entourée de 4 formidables musiciens (piano, percussion, violoncelle et oud) et dans une mise en scène signée Cécile Cotée , la jeune femme a passé en revue pour un public conquis ses « scènes de vie ». Live-report.

Sur un fond lancinant de violoncelle-piano, c’est dans un grand peignoir de soie blanc et sur quelques vocalises mi-drôles, mi-improbables,  que Raïssa entre en scène. Elle fait mine de minauder devant son miroir, et donne le ton un peu burlesque de la première partie du spectacle. Le réveil se fait en douceur en Anglais avant que la chanteuse ne passe au français en croquant une pomme pour nous annoncer en tanguant qu’elle a envie de « butiner ». La voix est belle, pure, et passe avec aisance de vocalises haut perchées à de profondes notes graves. Mais elle aime surtout rester du côté de la mélopée claire pour parler d’amour sur des accompagnements jazzy simples, avec un soupçon de rétro années 1980, qui fait même un temps un peu penser aux appositions de la voix haute d’Isabelle Adjani dans le « Pull Marine » de Gainsbourg.

Quand elle ne parle pas d’amour et de désir, Raïssa se focalise sur les mots, les mots qui échappent, les mots qu’on pose sur la page blanche ou sur le miroir au rouge à lèvres. Les mots aussi qu’on n’ose pas dire et là, l’on revient à l’amour et au caractère total de fameux « je t’aime ». Aveu que Raïssa Lahcine fait avec détermination, une fois changée de belle réveillée de satin, en femme-broadway, pantalon noir, veste cintrée et chapeau cabaret. Son pianiste prend un temps sa place au centre de la scène et Raïssa se met au piano, mais le maestro a beau prononcer les mots, c’est la voix de Raïssa qui s’accroche à l’air.Cette deuxième partie du spectacle se termine par un ensemble d’airs très blues en anglais, à commencer par le très beau « Manhattan ».

En robe blanche et brièvement chaussée d’escarpins qu’elle laissera vite de côté pour retrouver l’aisance des pieds nus, Raïssa Lahcine souffle, comme sur l’affiche, quelques bulles de savon et chante le très beau « Larme ». C’est le pic de mélancolie dans le spectacle, avec un aria en français et italien masqué sous un parapluie rouge, puis une séance de diapositives d’enfance sur l’air des regerts du père mort trop jeune pour être connu et prisonnier de sa boîte.

L’oud est posé sur scène, et la quatrième partie de ces « Bulles de vie » est une ode aux racines algériennes de la chanteuse. Amorcée par un « The man I love » revu et corrigé par la voix chaleureuse et le bon sens de la grand-mère paternelle, il ouvre sur une série d’airs et de musiques plus orientales et en arabe.

Après les chaleureux applaudissements de la salle du Sentier des Halles en nage, le bis offert par Raïssa et ses musiciens est cependant une ballade mélancolique en Italien, histoire de continuer à marquer au fer rouge de l’art les métissages que propose l’artiste.

Deuxième et dernière édition du spectacle avant l’été au LSDH mercredi prochain, le 13 juin!

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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