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[Live report] Paolo Nutini et son « Caustic Love » en avant-première au Café de la Danse

[Live report] Paolo Nutini et son « Caustic Love » en avant-première au Café de la Danse

06 mars 2014 | PAR Celeste Bronzetti

En ce début de mars qui nous annonce un printemps un peu frais mais ensoleillé, la voix de Paolo Nutini au Café de la Danse parvient à nous réchauffer doucement. Un concert sublime où le chanteur écossais nous fait savourer d’avance l’atmosphère vaguement groove du nouvel album, Caustic Love, en vente à partir du 14 avril prochain.

photoLa salle est blindée, l’atmosphère est chaleureuse et le public du Café de la Danse a l’air d’avoir plein d’énergie à dépenser : les conditions paraissent idéales pour que Toute La Culture puisse se jeter dans la mêlée et profiter à fond du spectacle. Un détail attire tout de suite notre attention : on s’attendait à prendre en flagrant délit un public principalement féminin asservi à l’indéniable charme de Paolo Nutini, mais une présence considérable de garçons nous confirme que la personnalité de cet artiste va bien au-delà de son beau visage.

Le groupe monte sur scène, ils sont neuf au total, mais dès la première chanson, Nutini capture l’auditoire et façonne à sa guise le spectacle : on dirait presque que cette voix rauque et profonde est la seule présence sur le plateau et que le spectacle se construit autour d’elle. En live, on s’aperçoit que le talent du jeune chanteur ne se résume pas dans les prouesses de sa voix, ni dans ses performances captivantes : c’est un mélange pétillant de ces deux éléments.

Au menu, une setlist très partagée entre le mieux de deux albums précédents et un large extrait du très attendu Caustic Love, la troisième création de Nutini dont la sortie a été annoncée après cinq ans de silence.

Ses musiciens se laissent entraîner dans un rythme nouveau, moins folk, plus funk et toujours profondément soul : le résultat est passionnant ! L’originalité des premières chansons de ce nouvel album semble annoncer l’épanouissement créatif d’un auteur-compositeur qui avait l’air mature déjà en 2006, quand à l’age de 19 ans il sortait son premier album, These Streets.

Parmi les nouveaux titres, Iron sky est un long morceau de pur bonheur, où à la voix imposante de Nutini s’associe une autre voix, également unique et inimitable, celle de Charlie Chaplin dans un célèbre extrait de The Great Dictator.

Après avoir cartonné avec des mélodies irrésistibles comme Rewind ou Sunday Morning, qui se sont tout simplement gravées dans notre esprit, Paolo Nutini avait été champion de ventes en UK au cours des années 2009 et 2010. Caustic Love arrive après un long voyage entre l’Espagne, Londres, Glasgow et les Etats Unis, où il a été enregistré : le résultat semble contenir une synthèse parfaite de ces pérégrinations et de milieux artistiques éclectiques. Et juste avant de quitter la scène, Nutini offre un extrait délicieux de La javanaise de Serge Gainsbourg : un cadeau qui a achevé de séduire le chaleureux public parisien.

Au Café de la Danse, la soirée se clôture sur un remarquable solo voix et guitare de Last Request, le premier grand succès de Nutini. Une version intimiste d’une chanson à l’origine beaucoup plus accélérée. Une métamorphose achevée qui confirme l’envergure d’un artiste absolu.

Visuel : (c) Celeste Bronzetti

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