Musique

Live Report : Hawksley Workman à la Maroquinerie

24 mai 2010 | PAR Sarah

Mercredi 12 mai 2010. L’ultra talentueux songwriter canadien Hawksley Workman revient à Paris présenter à son fidèle public son nouveau double album “Meat/Milk”. Un concert d’Hawksley Workman est toujours unique : le Canadien n’a jamais livré 2 fois la même prestation en France. Durant les 10 dernières années, on a pu l’apercevoir complètement extravagant et déjanté aux Solidays, accompagné d’un vrai groupe de rock à l’Elysée Montmartre, en duo avec Serena Ryder au Cabaret Sauvage, en combinaison de paintball avec un masque à gaz au Trabendo, dans une formation plus qu’unplugged au Café de la Danse… En plus de livrer des concerts uniques et magiques, Hawksley choisit systématiquement une nouvelle salle. Et cette fois-ci, c’est dans la petite salle du 20ème arrondissement de Paris, la Maroquinerie.

Après une surprenante, rafraichissante, mais parfois inégale première partie assurée par Kim, les lumières s’allument sur « Mr. Lonely ». Mr. Lonely c’est le compagnon de route le plus fidèle d’Hawsley Workman. Un pianiste hors pair qui a accompagné le songwriter durant 700 concerts ! Les premières notes retentissent et le public n’attend plus que le charismatique Hawksley. Mais il n’arrive toujours pas sur scène. Pendant ce temps, Mr. Lonely continue d’enchaîner les accords. Au bout de quelques secondes, les vrais fans se regardent et reconnaissent une chanson d’Hawksley. Puis une autre. Puis encore une autre… c’est un cadeau ! Mr. Lonely est en train d’enchaîner un medley de 10 minutes, comme un cadeau pour les vrais fans qui s’amusent à deviner les chansons jouées. Les autres ne peuvent qu’admirer la dextérité du pianiste et attendre la star. Quelle mise en bouche !

Des bijoux pour commencer

Hawksley arrive enfin sur scène et est acclamé comme il se doit. Il enfourche sa Gibson Les Paul noire et joue les premières notes de « Oh You Delicate Heart », la belle ballade que l’on peut retrouver sur les albums « Between The Beautiful » et « Los Manlicious » dans 2 versions différentes. Tout le monde dans la salle est heureux d’entendre à nouveau la façon si particulière d’Hawksley de jouer de la guitare accompagné du piano de Mr. Lonely. Mais ce qui marque à chaque concert, c’est sa voix. Avec sa formation de chanteur dans une chorale quand il était enfant et ses cours d’Opéra, Hawksley est capable de chanter des notes sur 3 octaves, parfois même sans micro tellement sa voix est puissante et envoutante. C’est parti, il n’y a plus qu’à écouter et à apprécier.

Une petite danse ?

C’est en nous proposant de danser qu’il commence le 2ème morceau du set, celui qui mériterait de devenir un hymne pour tout ce qu’il représente : « We Will Still Need A Song » de l’album « Lover/Fighter ». Les premières personnes du public se font entendre durant le refrain. Puis vient l’un de ses plus gros tubes « Your Beauty Must Be Rubbing Off ». On peut entendre ensuite « The City Is A Drag » avec sa ligne vocale très « aerosmithienne ». Durant ce morceau, Hawksley s’arrête sur un accord et demande à Mr. Lonely de continuer de jouer seul pendant qu’il entonne le refrain de « Empire State Of Mind », le tube planétaire de Jay-Z en duo avec Alicia Keys. Il en profite même pour chanter le 1er couplet de « Karma Chameleon », le tube de Culture Club ! Quelle prestation !

Un peu d’humour avec tout ça ?

Hawksley enchaîne ensuite sur les morceaux de son dernier double album : « Robot Heart », « The Ground We Stand On », « Tokyo Bicycle » et « Who Do They Kiss ? ». Il n’oublie pas entre chaque chanson de raconter de petites anecdotes croustillantes plus drôles les unes que les autres ; et en plus, ce ne sont jamais les mêmes d’un concert à l’autre ! On se souviendra qu’Hawksley a un iPhone avec une application qui permet de lui dire si une chanson est bonne. Visiblement c’est le cas de « Tokyo Bicyle » en particulier et de toutes ses chansons d’Hawksley en général. Et bien sûr, tout le monde a retenu que, lorsqu’il vivait à Paris rue de Charonne, sa voisine d’en face ne se gênait pas pour se changer devant sa fenêtre et se promener topless. On comprend pourquoi Paris est une ville qui l’inspire tant !

Un guitar hero doublé d’ un grand chanteur

Hawksley n’ose pas le dire, mais c’est un grand guitariste qui n’a rien à envier aux Guitar Hero. Il connaît son manche et ne fait qu’un avec sa guitare. Il enchaîne quelques solos « hendrixiens » et multiplie les notes rapides tel Mark Knopfler. L’un des grands moments du concert arrive : il présente au public un nouveau morceau « Warhol’s Portrait Of Gretzky » en l’introduisant avec une petite boutade sur le Hockey sur glace français. Pourquoi grand moment ? Parce que cette chanson est un véritable bijou au niveau de la composition et de l’écriture. La ligne mélodique du refrain est magnifique et tout le monde chante les paroles du refrain même sans connaître le morceau tellement celui-ci est magique et évident.

Une fin en apothéose

Les élèves de la Star Academy peuvent prendre exemple sur Hawksley Workman pour leurs cours d’expression scénique. Le morceau « Devastating » est interprété d’une manière très touchante et émouvante. On sent Hawksley presque en larmes quand il interprète cette chanson qui parle de l’après rupture, où chacun est dévasté d’avoir tant donné dans une relation qui est désormais terminée. Hawksley finit son set sur 3 classiques que les spectateurs connaissent : le très bluesy et glam rock « Tarantulove » durant lequel Hawksley nous démontre ses talents exceptionnels d’interprète et de guitariste, le tube intemporel « Jealous Of Your Cigarette », et, le préféré de tous les fans « Smoke Baby ». Il reviendra évidemment après le rappel accompagné de Mr. Lonely pour « No Beginning No End » (la ballade ultime à mettre dans toutes les compilations que vous voulez faire à votre moitié) et un dernier morceau durant lequel Hawsley et Mr. Lonely jouent sur le même piano.

A quand la prochaine ?

Encore un super concert d’Hawksley à Paris. Encore un super concert d’Hawksley à Paris dans une nouvelle salle. Encore un super concert d’Hawksley à Paris dans une nouvelle salle avec des chansons complètement revues et différentes des CD. En bref, encore de la magie… des artistes comme ça ne se comptent que sur les doigts d’une main : Hawksley Workman en fait définitivement partie !

Hawksley Workman, « Meat/Milk » (Sadora Records / ADA Global / Naïve), sortie 20 avril 2010, 12.50 euros.

Anfa.

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4 thoughts on “Live Report : Hawksley Workman à la Maroquinerie”

Commentaire(s)

  • LETTERI

    J’ai eu la chance d’assister à ce concert et je suis complétement de ton avis : Hawksley Workman est un artiste rare.
    Ses disques sont tous bons dont 4 sont des chefs d’oeuvre pour moi (Delicious wolves, Lover/Figther,Los Manlicious et Milk) mais ses concerts sont vraiment uniques et constituent des moments inoubliables (j’en ai vu 6) et on prend une claque à chaque fois.

    Christophe L.

    juillet 4, 2010 at 0 h 36 min

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