Musique
Live Report: Déconstruction musicale avec Perrine en Morceaux et Liléa Narrative au Festival Rhizomes le 7/07/2011

Live Report: Déconstruction musicale avec Perrine en Morceaux et Liléa Narrative au Festival Rhizomes le 7/07/2011

08 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

De la « déstructuration structurée » c’est ce que proposait la salle des Trois Baudets dans le cadre du Festival Rhizomes, qui se tient au coeur du 18ème, anciennement connu sous le nom du Festival Musiques & Jardins. Perrine en Morceaux et Lilea Narrative ont défait les lettres, refait les mots et chambré les sens, sous les yeux intrigués d’un public plutôt attentif.

« Experte en rien. Sans mot, pas de chanson. Je mêle des mots à des musiques répétitives. Je chante des manière de dire, avec 1 tête, 2 machines et 3 bouches. Nous sommes en guerre, et je pense que la chanson doit redevenir une arme ». C’est comme cela que Perrine en Morceaux est présentée dans le programme et c’est exactement ce que le public a découvert sur scène: une musique faite de boucles sans début ni fin, des sons récupérés du néon qui flanche ou de sa propre respiration, une écriture recherchée puis auto-détruite. Perrine en Morceaux est une fille seule en scène, accompagnée de deux micros – l’un réglé à sa voix, l’autre rendant la voix robotique – d’un sampler complexe et d’une ampoule aux couleurs changeantes placée au dessus de sa tête. Elle crée une infinité de bruits, de murmures, de brouhaha, tellement confus qu’ils sont parfois fatigants pour les oreilles. Une Björk à la française où l’expérimentation fait de la musique un art plus qu’un concert, les textes de Perrine sont cependant très réfléchis. A l’instar d’un Bobby La Pointe qui écrivait ses textes grace à la numération bibi (inspiré du code binaire informatique), Perrine utilise les lettres pour créer des calembours et jeux de mots dans sa chanson « ID2F11D/MTiD » et captive l’audience qui cherche des sens lui échappant instantanément. Quelques bons éléments parsèment le set, comme la dernière chanson ironiquement intitulée «Je Continue » où la chanteuse «continue d’avoir un corps, dont une tête et deux mains. Je continue d’avoir encore en tête demain », mais l’art de Perrine en Morceaux reste difficile d’approche.

Les rideaux rouges de la salle des 3 Baudets se ferment sur la scène vide et laissent place au changement radical de décor. Deux écrans placés derrière une table de mixage diffusent le vidéo-art des graphistes de l’équipe Liléa Narrative. Inspirations clairement electro et hip hop, le principe du groupe – composé du fondateur Liléa Narrative et de Blockbass aux platines-scratch – se pose sur l’échantillonage ou « sampling » et produit un son clair, cadré et extrêmement frais. Le duo « scratch », « break », « cut » avec une énergie désarmante et créer des constructions rythmiques et mélodieuses impeccables. Le public dandine gentiment la tête au départ, et certains ne résistent pas à la tentation de s’éparpiller dans la salle pour ne pas rester cloitrés à leurs sièges. « C’est un concert bordel, alors maintenant vous allez vous lever! » annonce Liléa Narrative. Aussitôt dit, aussitôt executé, la salle se lève d’un bon et danse aux mélodies hip hop franchement groovy. Un ensemble équilibré, le groupe revisite les titres de son dernier album Echantillodrome tels que les plus calmes « Same Change » et  « Chambre 216 », « Fother Mucker » et « Le Chant des Silhouettes » hyper pointus et les « Hill House » et « Transport » à l’énergie plus que communicative. Le festival Rhizomes livre pour l’instant des artistes de qualités, de tous bords et tous horizons musicaux, où la programmation éclectique prône la qualité et les pépites. En attendant la suite !

Visuels: (c) Moriane Morellec

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Moriane Morellec

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