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Le Richard Bona et Alfredo Rodriguez Band au Crest Jazz festival

Le Richard Bona et Alfredo Rodriguez Band au Crest Jazz festival

03 août 2022 | PAR Cloe Bouquet

Le chanteur et bassiste Richard Bona était en concert lundi soir au Crest jazz festival avec son ami le pianiste Alfredo Rodriguez, protégé de Quincy Jones, le percussionniste Michael Olivera et Carlos Sarduy à la trompette.

C’est ce qu’on appelle une claque. Il fallait s’y attendre : la liste des collaborations de Richard Bona, nominé aux Grammy Awards et aux Victoires du Jazz, est impressionnante. Harry Belafonte, Joe Zawinul, Bobby McFerrin…

« Ici, c’est Crest donc. Quand j’ai regardé la liste des endroits où on allait jouer, j’ai vu New York, Londres, Los Angeles, et puis… Crest », dit-il avec humour. Cette commune de 8270 habitants abrite en effet depuis presque 50 ans, chaque première semaine d’août, le Crest jazz festival, où les plus grands noms se sont produits : Nina Simone, Cesaria Evora, Ray Charles, Claude Nougaro, Yaël Naïm…  « Du coup, les habitants de Crest, on les appelle comment ? Les Crestiens (chrétiens)… ? ».

Les Crestois, donc, ont pu assister à la rencontre des deux stars, rencontre qui donne un subtil mélange de musique cubaine et africaine, avec des touches de funk et de classique. Nous avons ainsi pu apprécier, dans la partie numéro 4 de la suite espagnole « Andalucia » d’Ernesto Lecuona, « Gitanerias », le jeu précis, perlé et virtuose d’Alfredo Rodriguez. Formé dans les rigoureux conservatoires classiques de La Havane, le pianiste est autant inspiré par Bach que par Piazzolla. « Et tout ce qu’il joue là, c’est moi qui lui ai appris », plaisante Richard Bona après un solo de piano des plus impressionnants. Quant à celui-ci, c’est après avoir écouté Jaco Pastorius qu’il choisit la basse comme instrument. Mais il est un instrument à lui tout seul, ses propres cordes vocales suffisent à nous charmer.

Après nous avoir fait danser et chanter sur « O sen sen sen » (« comme c’était dimanche hier… » dit-il pendant le morceau, en nous bénissant avec l’eau de sa petite bouteille) ou bien « Ay, mama Inés », le concert finit par un rappel tout en douceur et mélancolie avec un duo piano-voix sur « Alfonsina y el mar », une chanson poignante mise en musique par Ariel Ramirez et écrite par l’auteur argentin Félix Luna en hommage à la poétesse Alfonsina Storni, qui s’est suicidée dans la mer à 46 ans.

Avant cela, Richard Bona fait son numéro : « ah oui, s’ils disaient deux mots en français – tous ses musiciens sont cubains – moi je devais chanter en espagnol, c’est vrai que j’avais dit ça dans le bus. Bon, alors la chanson espagnole c’est un état d’esprit, il faut que je me mette dans la peau d’un Espagnol. » Et le voilà qui prend des poses inspirées.

Des artistes à suivre, faisant preuve à la fois d’une grande virtuosité, d’une grande musicalité et de beaucoup d’auto-dérision.

 

 

Visuel : © CB

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