Musique

La première « Seine libre » de Natalie Dessay fait swinger la Seine Musicale

La première « Seine libre » de Natalie Dessay fait swinger la Seine Musicale

22 février 2019 | PAR Yaël Hirsch

La première des 5 dates de la carte blanche de Natalie Dessay a réuni trois grands chanteurs et le Brass Band de Franck Manoukian dans le nid bien rempli de l’auditorium de la Seine Musicale. une « Seine libre » généreuse et joyeuse.

Pour lire notre interview de Natalie Dessay sur Sein Libre, c’est ici.

Joli haut lamé argent et pantalon noir fluide magnifique, Natalie Dessay est la première artiste à relever le pari d’une Seine libre de cinq dates à la Seine Musicale. Après les 1000 mètres de couloir et les atours avec vue sur la Seine, la retrouver dans le nid joli de l’auditorium est un moment doux et familier. Et très vite elle laisse la place à un chanteur merveilleux, son mari, le baryton-bass Laurent Naouri, aussi élégant qu’elle qui donne le « la » festif de la soirée avec une très chaleureuse version de « Pour faire une Jam »de Charles Aznavour. Lui-même passe le flambeau à l’américaine Gilda Solve, voix vraiment jazzy rauque et décolleté vertigineux dans le dos, qui se love dans les notes du formidable ensemble avec un « That’s life » qui nous fait directement traverser l’Atlantique. Entre alors en scène le quatrième des solistes de la soirée: l’extraordinaire Ludovic Beier pour un moment instrumental nostalgique et intense avec l’orchestre. Enfin, la star de la soirée entre en scène et laisse sa voix haute reprendre, en français, le fameux « You give me fever » de Peggy Lee. Laurent Naouri rejoint Natalie Dessay pour une chanson qui en mélange deux sur le thème de l’appartement à Paris qu’on ascensionne et qu’on partage, sur des compositions de Salvador et Manoukian.

Puis ce sont les deux chanteuses qui enrobent un duo en anglais et en français pour un « Autour de minuit » où la voix de Natalie Dessay s’envole pour arriver à des vocalises digne de son album du même nom. Le public applaudit. On se laisse transporter par l’accordéon puis bouger par le charme et la voix de Laurent Naouri qui donne coup sur coup un « À Paris » romanesque et un « Poinçonneur des Lilas » très yiddish dans la danse et l’accent, avec tendresse. Tout est parfait jusque dans la gestuelle !

Mutine et énergique Natalie Dessay réapparaît pour nous chanter avé autant d’aplomb que de sensibilité « J’en ai marre de l’amour », de Diane Tell. Suave, diablement  magnétique, le duo de Gilda Solve et Laurent Naouri sur « Night and Day » est un des moments de grâce de la soirée. Enfin après que Ludovic Beier soit passé à l’harmonica, il est temps de présenter les extraordinaires musiciens de Franck Manoukian. Encore trois tubes, dont un classique du Rat Pack (Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Joey Bishop et Peter Lawford) et un final où Natalie Dessay rend hommage à Michel Legrand à travers la chanson de Claude Nougaro « Cinéma » et l’on ressort de la Seine Musicale de la musique plein la tête, près plus de deux heures de concerts et de tubes éternels. On attend avec impatience la prochaine date de cette Seine libre de Natalie Dessay, le 14 mai prochain, autour de Schubert avec Philippe Cassard au piano.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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