Musique

La playlist pascalE

La playlist pascalE

22 avril 2019 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Flaming Lips, Lil Nas X, Heartwood, Charlotte Adigery et The Divine Comedy.  

All for the life of the city — Flaming Lips

Ce n’est pas Game of Thrones mais ça y ressemble quand même un peu, le travail de Flaming lips -les Residents des années 2000- est bien un conte médiéval violemment psychédélique et aujourd’hui, en promo, le résultat d’une série de sons et lumières (pour faire simple) proposés dans un circuit choisi de grands musées. Au départ, il s’agissait d’un spectacle et puis, peu à peu, l’idée d’un album est venue. Celui-ci viendra en juillet et, en attendant, on se fait les dents avec un premier titre qui fait le job sans pour autant nous faire sauter au plafond.

Hard life — The YD

Ça bidouille toujours un max, pour lover la mélodie dans ce qu’il faut d’électronique pour tenir les deux bouts du plan média. Ici, on est assez cash, la voix cherche à séduire et indéniablement on y est presque, dans ce mélange de conviction et de nonchalance, bien entouré par des orchestrations en forme de parapluie, une sorte de feu d’artifices au sens littéral, le clip remuant les clichés des super riches sur le mode super second degré. Intérêt mineur, mais qu’importe le flacon pourvu qu’il y ait l’ivresse.

Cursed and Cussed — Charlotte Adigery

Un clip qui décrit « le monde des fétichistes et des amateurs des pratiques SM, avec un regard humoristique. Dans la vidéo, j’ai cherché à me pencher sur l’ASMR … une expérience déclenchée par des stimulus auditifs ou visuels qui créent des émotions stimulantes tout en étant en soit, des actes très premier degré : ce ne sont finalement que des sons et des images. Les pratiques SM demandent beaucoup plus d’imagination”. C’est Charlotte qui le dit.

Old town road — Lil Nas X (feat. Billy Ray Cyrus)

C’est le « burn » de la semaine, un morceau qui pourrait presque faire l’objet d’une thèse en sociologie du genre tant il réveille la guerre des catégories de la musique, en l’occurrence ici, Wild country et New Boots et le morceau, en effet, s’infiltre aux lisières des genres, pop hip-hop confondus avec le soutien depuis peu du featuring de Billy Ray Cyrus. Ici, à Paris, on tombe des nues. N’est-ce pas juste un hook qui accroche ? Et pourtant c’est comme ça que le marketing de la musique – radio streamers et consort- évolue. C’est vertigineux.

Queuejumper — The Divine Comedy

On finit par un peu d’humour européen, Brexit ot not, here they come, Neil Hannon et ses amis du moment font du Housemartins pour une soirée privée d’anniversaire, par exemple celle de Ray Davies. C’est une métaphore bien sûr, rien de cela n’est vrai, et tout ce qui compte c’est le rythme, les petits flux symphoniques (que Neil parvient quand même à balancer) et, bien sûr, le QueueJumper.

Visuel : couverture d’album The Divine Comedy

« Quand le ciel se déchire » de Thomas McGuane : Description des Etats-Unis
Haydn, Mozart et Beethoven au pianoforte, en trio, quatuor et septuor au Festival de Musique de Pâques de Deauville
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *