Musique

La playlist des stars

La playlist des stars

11 novembre 2018 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Angèle, Fred Poulet, Oh Muh, Cléa Vincent et Eddy de Pretto.

Ta reine – Angèle

Comment, vous n’avez pas eu votre clip hebdomadaire d’Angèle ? Mais c’est proprement scandaleux. Et de scandale il en est question ici, « deux reines, c’est pas trop accepté » à savoir qu’une jeune fille aimerait bien butiner sa bonne copine mais ne dit rien parce que vous savez bien … C’est quand même un peu plus gênant que de chanter du R’n b en pyjama uni.

Grave- Eddy de Pretto

Ben du coup pour les mecs c’est kifkif bourricot, si on peut se permettre l’expression, en version un peu plus coach, option éducation à la santé, classe de cinquième. Le chouette tout beau tout simple qui nous explique que c’est pas grave d’avoir la trique au vestiaire ou pour son bon copain (avec un petit côté Julien Clerc dans le groove : Ma métisse est nue) . Et surtout, cette idée d’avoir des envies déviantes et « faire simple » : y aller carrément, c’est pas grave.

Jeunes oubliées- Oh Muh 

Il y a peut-être pire que l’homophobie violente ou insidieuse, il y a l’isolement. « Les jeunes oubliés coincés dans leur vallée ». On parle de la Suisse mais aussi d’une certaine colère introvertie ; Edith Nylon nourrie au bon lait de vache, la mutique Estelle Marchi marque un joli point en faisant valser sur un air saccadé les belles photos des soirées de potes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles des plus grands. L’air de rien, c’est très fin.

Nuits sans sommeil- Cléa Vincent

On va revenir à des choses un peu plus catholiques. Les draps froissés des jeunes filles, l’amour-passion et, pourquoi pas, les années 80. Chanson composée à l’ancienne avec progression narrative et brièveté des couplets et donc ce penchant pour l’ancien qui ne laisse pas encore apparaître la patine du temps (n’était-ce la presque lancinante rythmique 2018 ?) . Les nuits sans sommeil auraient pu avoir le goût de la quiche mal décongelée mais non c’est toujours léger comme du Cléa Vincent.

Pornoricain – Fred Poulet

Pour conclure, on ne va pas faire dans la dentelle, « condamné à exister à mort », les archives ne peuvent signifier autre chose que ce qui est en train de se passer. Des images basées sur des événements réels, le grand chœur de la jeunesse du rock’n roll brutalement branché sur le dictionnaire français. Finalement, on est peut-être tous des Pornoricains.

 

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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