Musique

John Prine, country music inoubliable

John Prine, country music inoubliable

15 février 2020 | PAR Clara Bismuth

Si le nom de John Prine ne raisonne pas dans les caboches parisiennes, il réveille pourtant violemment tous passionnés de country music qui se respectent. Cinquante ans de carrière, plus d’une vingtaine d’albums, une vie qui en cache mille et un songwriting à la hauteur des grands nom de l’americana… Prine était le rendez-vous incontournable de ce 13 Fevrier au Café de la Danse.

On ne peut pas dire que la country en France soit monnaie courante. Et pour cause, si la musique vous transporte dans ces Honky Tonk texans imprégnés d’histoires de cowboy et au sol imbibé de bière, les paroles, elles, demeurent essentielles pour vous toucher au coeur. Une barrière qui cause l’impopularité du genre sur l’hexagone. Pourtant, il existe ces quelques moments de grâce où la rencontre inattendue se voit affichée en programmation.

En Juin 2017, La Cigale accueillait l’un des plus grands songwriter du genre, Kris Kristofferson, le même qui poussa Prine à enregistrer son premier album éponyme en 1971 et son célèbre Sam Stone. Trois ans plus tard, il continue de suivre les pas de son mentor, pour une performance mythique face à un public en admiration.

Gaëtan Roussel, chanteur du groupe Louise Attaque, se voyait donc l’honneur d’animer cette première partie. Un choix surprenant, justifié par son passage en Californie en 2018 pour la composition de son dernier album Trafic, mais aussi pour son estime envers Prine. Une ambiance dynamique et légèrement nostalgique dès que résonne les premières notes de ses tubesques Help Myself, J’t’emmène au vent ou encore Ton invitation. Quarante minutes, pas plus, pas moins, de pop-rock français, que Gaëtan Roussel partage aussi le temps d’une chanson, Je rêve d’ailleurs, avec la chanteuse Rachida Brakni.

A 21 heures, la tension fusionne avec l’excitation. On fume une dernière cigarette, recharge les verres de bière et entame un parcours de slalom pour se dénicher la meilleure place. Applaudissements et cris de joie accueillent ce monstre de la country music. Prine, à 73 ans, et malgré une apparence un peu fatiguée, son sens de l’humour et sa générosité demeurent intacts.

De sa voix rauque usée par la cigarette et légèrement nasillarde, il dégage une grande tendresse sur l’interprétation de ce dernier album, produit par Dave Cobb, The Tree of Forgiveness. Gorgé d’humilité et de sagesse, cette oeuvre reflète à la perfection la carrière de l’artiste. L’art de conter, de rendre merveilleuses des vies  ordinaires, de faire résonner des mots d’un temps oublié,  voilà le génie de Prine. Avec Knockin’ on your screen door ou encore Summer’s End, il plonge littéralement son publique dans une écoute mystique et profonde. Quant à son somptueux God Only Knows, il donne une seconde vie à ce titre composé en 1977 avec l’un des plus grands producteurs de soul, Phil Spector.

Changement radical lorsque raisonne le célèbre Angel from Montgomery. Les fans, euphoriques, chantonnent ce refrain tel un hymne national. De même que pour Hello in There : il a su faire de ces compositions des oeuvres intemporelles, qui évoquent l’univers de la country et de la folk, mais aussi ses propres expériences. Le temps d’une soirée, Prine à transformé le Café de la Danse en scène du Grand Ole Opry, une métamorphose rare et surtout inoubliable.

visuel : couverture d’album 

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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