Jazz

Un samedi à Samois : Festival Django Reinhardt

Un samedi à Samois : Festival Django Reinhardt

30 juin 2015 | PAR Marie Boëda

Du 24 au 28 juin, la 36ème édition du Festival Django Reinhardt a ouvert ses portes à Samois-sur-Seine, lieu emblématique des créations du guitariste de génie. Samedi, dans une ambiance décontractée et familiale, le festival a accueilli des musiciens d’horizons variés témoignant de la diversité du jazz aujourd’hui.


A Samois au bord de la Seine, la nature est restée intacte et accueillante. Ce n’est pas pour rien que Django Reinhardt y a posé bagage pour pulser ses créations. Au même endroit, un demi-siècle plus tard, la relève prend place à deux pas de la Seine et de la forêt de Fontainebleau.

En plein cœur de l’île du Berceau, le festival intimiste mais bondé héberge une multitude de luthiers proposant des guitares manouches. L’occasion d’écouter des petits génies, qui n’ont pas l’air d’avoir plus de 16 ans, reprendre des airs de Django Reinhardt au milieu des stands de nourritures de tous genres, américaines, indiennes ou marocaines.

Après un hommage vigoureux du violoniste Mathias Lévy à Stéphane Grappelli, la chanteuse Indra Rios-Moore subjugue la scène avec son swing vocal aux influences soul. Puis c’est au tour de l’harmoniciste internationalement reconnu et unique en son genre, Jean-Jacques Milteau. Concentration oblige, le public se bouscule pour admirer cet instrument minuscule greffé à la bouche du compositeur autodidacte, souvent les chanteurs qui l’accompagnent sont de trop.

En deuxième partie de soirée, le clarinettiste David Krakauer, figure du Klezmer new-yorkais, envoûte le public. La culture yiddish qu’il prône se mêle à des airs contemporains de funk et d’électro. Mélange fracassant ou décevant, le live aurait mérité un peu plus de solo. Enfin le groupe Monophonics originaire de San Francisco clôt une soirée bien remplie. Funk et electro à nouveau pour ce groupe décapant et excellent en live. La voix rocailleuse du chanteur Kelly Finnigan, pilier de Monophonics, arrivé dans le groupe seulement en 2010 est accompagnée d’un trombone et de guitares électriques.

C’est comme dans une petite fête de village, au bout d’un certain temps, on croise toujours les mêmes personnes. Si l’envie de calme nous submerge, il suffit de marcher quelques secondes pour se reposer au pied de la Seine où quelques cygnes se sont établis. Facile d’imaginer Django créer ses dernières compositions dans cet univers serein pourtant si proche de Paris. Le festival est parfois loin du modèle Reinhardt mais garantit l’évolution et l’innovation du jazz et met à l’honneur des musiciens singuliers.

Infos pratiques

[Live-Report] Festival Extension Sauvage #4 : L’énergie de l’enfance aux jardins (26-28 juin 2015)
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Marie Boëda

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