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Musique et paysages cosmiques

Musique et paysages cosmiques

14 septembre 2021 | PAR Vanessa Benzaquine

La Cité de la musique accueillait ce dimanche 12 septembre 2021 deux artistes reconnus dans le monde du jazz. En première partie nous découvrions la chanteuse et contrebassiste Sélène Saint-Aimé. En seconde partie c’est le saxophoniste Julien Lourau qui s’illustre sur la scène. Tous deux sont accompagnés de leur groupe.

Un voyage lunaire

Sélène Saint-Aimé a commencé la musique assez tard, à l’âge de 18 ans. C’est à l’âge de 25 ans qu’elle délivre son premier album : Mare Undarum qui se traduit par « mer des ondes ». Cet album a des inspirations africaines, caribéennes et américaines. La chanteuse est martiniquaise du côté de son père, française et ivoirienne par sa mère. Elle nous transporte avec sa voix voluptueuse, tant dans les aigus que dans les graves. Contrebasse à la main, elle nous fait voyager dans son univers lunaire. Son prénom est d’ailleurs inspiré de la déesse de la pleine lune dans la mythologie grecque : Séléné. La chanteuse nous confie avec le sourire que ses parents ont toujours su qu’elle serait dans la lune. Sélène nous partage un discours chanté sur le ciel et la mer. Son chant est angélique, il s’apparente parfois à celui d’un oiseau. À ses côtés sur scène se trouvent Mathias Lévy au violon, Guillaume Latil au violoncelle, Guillaume Perret au saxophone, Boris Reine-Adelaide à la batterie, Hermon Mehari à la trompette, Irving Acaro au saxophone et Sonny Troupé au tambour.

Vous chantiez ? Eh bien ! Dansez maintenant.

Sélène Saint-Aimé se lance dans une danse avec son instrument. Certains morceaux sont beaucoup plus rythmés, marqués par les sons du tambour et de la batterie. Sélène nous explique qu’il faut rester créatif malgré l’adversité et les difficultés du monde actuel. En Martinique, son public était limité à six personnes et les sessions duraient uniquement 20 minutes. L’artiste conclut sur une citation d’un auteur qu’elle apprécie particulièrement, Aimé Césaire dans Cahier d’un retour au pays natal : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle (…) car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse ». L’idée est de cesser d’être spectateur de sa vie en se faisant danseur. 

Un spectacle lumineux et rythmé

Des néons rouges et bleus, une scène violette : c’est un décor haut en couleur qui se profile dans cette seconde partie de soirée. Julien Lourau est accompagné de nombreux musiciens : Jim Hart à la batterie, Sylvain Daniel à la basse, Arnaud Roulin au synthé et Léo Jassef au piano. S’alternent moments rythmés et passages plus doux, presque féériques. On entend parfois résonner des sons de cloches. Les instruments s’harmonisent bien. La musique est très dynamique, le public tape du pied et des mains. Sur ce projet, Julien Lourau rend hommage aux productions de jazz soul et funk des années 70 et 80 sorties sur le label CTI. CTI records est un label discographique de jazz fondé en 1967 par le producteur américain Creed Taylor. Julien Lourau effectue de nombreuses reprises telles que Piece of mind d’Idris Muhammad ou encore Soul of a Man de Susan Tedeschi. 

Le festival de la Villette se déroule jusqu’au 12 septembre 2021 !

Visuel : Vanessa Benzaquine

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