Danse
IXème édition du festival Clignancourt Danse sur les rails

IXème édition du festival Clignancourt Danse sur les rails

14 septembre 2021 | PAR Antoine Couder

Tout le week-end du 18 et 19 septembre, des spectacles gratuits  mêlant arts de la rue et danse contemporaine alterneront avec des concerts « live » dans le cadre atypique et verdoyant du XVIIIème arrondissement

Organisé chaque année par l’association  Les Amis des Jardins du Ruisseau, pionnier et plus grand des jardins partagés à Paris, ce festival s’adresse à tous les publics et souhaite populariser de nouveaux langages chorégraphiques et des musiques actuelles. Mieux, le festival ambitionne également se faire rencontrer des publics qui justement n’ont pas grand-chose en commun : ici, les Parisiens culturellement aisés, transportés sur ce bord Nord de Paris et une population locale, plus précaire, vivant entre Barbès et la banlieue. Tout l’effort du festival et tout particulièrement de son directeur artistique Denis Loubaton est chaque fois de provoquer cette rencontre, en tout cas montrer que celle-ci est possible.

Hybridations

Danse sur les rails , en ce sens, n’est pas seulement un festival de spectacles vivants, c’est également un événement politique. Et si la programmation est cette année centrée autour de la notion d’hybridation, c’est aussi un « message » adressé à tous les acteurs qui feront la prochaine élection présidentielle, candidats et militants, abstentionnistes et électeurs de base. L’hybridation démarre tout simplement, à partir de la tradition du spectacle de rue telle cette pièce de cirque chorégraphiée  « Lance-moi en l’air » qui parle autant aux petits qu’aux grands ( Cie L’éolienne & Joli Vyann) ou cette rencontre entre monde du sport de combat et du spectacle de cirque (Yang Mamath | « Impromptus ») ou de la danse et du jonglage (André Hidalgo, « Tendrure »). Tout s’hybride parce que les frontières bougent, s’envisagent différemment selon le regard que l’on porte sur elles ou – on l’a bien compris- selon notre position vis-à-vis d’elles. Les frontières, ça se discute et si elles bougent, c’est aussi parce que les artistes – de plus en plus souvent- ne souhaitent pas se cantonner à une seule et même discipline.

Déambulation

Du côté de la danse contemporaine et de son envie de plonger dans le réel, hybrider la performance aux débats publics de son temps, les Kinois Yannos Makanka et Tickson Mbuyi proposeront des chorégraphies déambulatoires qui dénoncent la pollution de la planète tandis que « Trio d’Afrique » tentera carrément d’inviter le public à entrer en mouvement avec eux autour de dispositifs chorégraphiques mêlant traditions africaines, hip-hop et afro-contemporain. Façon de rompre l’espace artificiel de la scène et de rappeler que la danse appartient à tous, sans jugement de valeurs et préjugés. C’est enfin , bien sûr, la danse contemporaine elle-même qu’interroge l’hybridation. Avec « Les vertiges de Georges »,  Farid Ayelem Rahmouni s’inspire du post-modernisme américain et des performances aérienne de la Trisha Brown dance company, reliant ainsi frontalement le mouvement aérien circassien à la danse contemporaine. De son côté, le jeune et prometteur Cleve Nitoumbi proposera « Une partie de moi, une partie de toi » qui met littéralement en scène son apprentissage de la danse : folklorique d’abord en Ukraine où il était réfugié avec ses parents, street-dance comme une évidence presque assimilée, danse traditionnelle d’Afrique abordée à la façon d’une utopie puisque toujours « vue de loin » et pourtant si proche de ceux qu’il appelle ses « ancêtres » …

Photo ©Arthur Sauvadon 

Le programme complet ici

http://lesjardinsduruisseau.fr/evenements-a-venir/clignancourt-danse-rails-2021/

 

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Musique et paysages cosmiques
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », sélectionné pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique et de la danse . Il prépare actuellement une biographie de Jacques Higelin (et de Castor Astral, 2021)

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