Jazz
La Joie KOKOROKO

La Joie KOKOROKO

09 février 2020 | PAR Pierre Poughon

L’ensemble de huit musiciens KOKOROKO étaient hier à La Cigale, et ont complètement maîtrisé un live plus que joyeux dans les règles du jazz.

A Londres, on retrouve énormément de groupes de musique dans des styles phares. Nombre de rockeurs•euses, rappeurs•euses et ainsi de suite. Mais pourtant, Londres est aussi une terre d’accueil et de partage. Et c’est dans ce genre d’école qu’on retrouve ce que crée le groupe du soir. On ne penserait pas instinctivement au jazz quand on vous introduit à un groupe de la capitale du Royaume-Uni. C’est pourtant le cas de KOKOROKO. Ce groupe de 8 membres révolutionne cette scène avec d’étonnantes saveurs. Leur accent jazz est un des ingrédients du succès, mais le groupe diverge parfois à tel point que l’on croirait écouter de la musique africaine, de la funk, voire même de la soul. C’est là l’effet du groupe. Réussir à transgresser les genres, les mélanger, pour un son novateur et épique. L’on peut même parler de poésie lorsqu’on fini par se perdre dans les méandres leur univers, plutôt groovy, calme et joyeux. La guitare, les vents, les percussions, la basse et le clavier se mêlent les uns aux autres de manière admirable. Malgré une simple compilation et un EP éponyme dans les backs, sorti en Mars 2019, le groupe est frappé par une vague gigantesque de hype, les propulsant au centre de la scène jazz londonienne. Et les voilà à La Cigale.

Cinq musiciens rentre sur scène, se plaçant de gauche à droite de la scène. Un clavier, un guitariste, un batteur, un bassiste et un percussionniste. La base est dans la place et lance rapidement un track. Quelques mesures plus tard s’avance un saxophoniste suivi, en dansant, par une trompettiste et joueuse de trombone à coulisse. Et c’est parti pour une heure et demi de set fou. Les trois solistes, rentrés en dernier, assure le set. Lorsque l’un d’eux joue, les deux autres quittent leur instrument pour simplement danser et profiter de la musique de leur pairs. Parfois même, ils délaissent la scène pour laisser la lumière à l’un ou l’autre des musiciens de la base rythmique et mélodique. Chacun expert de son instrument, le show est imprégné par la maîtrise du groupe. Les musiciennes font parfois fi de leurs instruments pour assurer les parties chantés de certaines chansons. Leur goût du groove est rapidement transmis à l’audience qui s’amuse. Parfois, le public se mue en une assemblée écoutant religieusement une intro effectuée avec perfection par les trois solistes, jusqu’à l’arrivée de la basse qui déclenche une liesse général. Le concert est juste un concentré de joie intense et communicative, La Cigale, sold out pour l’occasion, a obtenu une dose intense de fun et de jazz.

Crédits photo : Cover de KOKOROKO – KOKOROKO

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Pierre Poughon

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