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[Interview] Samy El Moudni, fondateur du Château Perché Festival : « j’ai voulu secouer la scène clermontoise »

[Interview] Samy El Moudni, fondateur du Château Perché Festival : « j’ai voulu secouer la scène clermontoise »

15 juillet 2015 | PAR Hugo Saadi

Le Château Perché Festival, événement pluridisciplinaire axé sur la musique électro et les arts de rue Berlinois se tiendra pendant 24h non-stop les 15 et 16 août prochain dans un cadre idyllique proche de Clermont-Ferrand. À l’origine de ce projet, Samy El Moudni, jeune homme de 22 ans originaire de la ville du centre de la France. À un mois du lancement des hostilités, il nous éclaire sur ce projet de longue date qui voit enfin le jour.

Comment est né le Château Perché Festival ?

 J’ai voulu créer le CPF par un amour double. D’abord, pour l’Auvergne, ma région natale, j’ai grandi à Clermont-Ferrand avant de partir à Nice, Lille ou encore Berlin lors de mes études de commerce. Dès mon arrivée dans la capitale allemande j’ai rencontré un collectif d’électro en passe de construire un club et j’ai adoré cet univers techno. Six mois plus tard, je devais rentrer en France et j’ai voulu capitaliser sur mon expérience d’organisateur de soirées pour égayer et secouer la scène clermontoise, trop souvent décriée. Avant mon départ de Berlin, j’avais rencontré Katy, c’était ma seconde motivation pour créer le festival : avoir une activité en commun pour effacer les soucis géographiques d’une relation à distance. Elle fait désormais partie de l’association Amicale BPM que j’ai créé pour lancer le projet du Château Perché. Au total, nous sommes une équipe de cinq personnes réparties entre Berlin, Paris et Clermont !

Pourquoi le Château de Chazeron ?

 Il avait l’avantage d’être proche de Clermont-Ferrand et d’avoir une propriétaire ouverte d’esprit et très proche du milieu artistique. En plus d’être magnifique, chaque salle (une quinzaine environ) dispose d’un cachet exceptionnel de base que nous allons sublimer en amont du festival grâce à la participation d’artistes reconnus tels que ALLES Berlin ou d’autres plus locaux, mais tout autant ambitieux.

Parle-moi de la programmation musicale mais également des à-côtés :

Le gros point fort du festival c’est que le cadre du Château nous offre la possibilité de créer cinq Floors permettant de couvrir l’ensemble du spectre musical électro Berlinois. On passe d’une Minimal Techno, d’une noise techno à une acide techno, c’est en quelques sortes un voyage entre le Berghain, la Hammerhalle du Sisyphos en passant par le Griessmühle ou les soirées sauvages de Berlin. Le visiteur a véritablement le choix entre différentes ambiances musicales et visuelles. À l’instar de la salle d’arme qui proposera un floor en sous-sol de l’édifice ou encore de l’Open Air, un espace en plein air à flanc du château et situé juste à côté du labyrinthe. La House, la DeepHouse, la trap ou encore l’ambiant techno, on a décidé de varier les plaisirs et de créer des espaces variés. Milton Bradley, Mathias Horn, Jacques de Marseille, Milan Kobar, Octogone, Ksiopai ou le Camion Bazar, voici quelques noms des artistes qui se relaieront pendant les 24h de musique.

 À côté, les clubbers pourront avoir accès à un labyrinthe, un salon de tatouage ainsi qu’une salle de Fashion Design, un Food Market et des dizaines d’activités artistiques réparties sur tout le site.

Dans le communiqué de presse, il est dit que le festival a une ambition : « participer au rayonnement du patrimoine et de la richesse de l’Auvergne à l’international ».  Quels sont les moyens mis en place pour ce rayonnement ? Qu’en est-il de l’aura actuelle du festival à l’étranger ?

 Le Festival, ancré dans la région et promouvant des artistes locaux a pour but de montrer sous différentes formes le patrimoine à l’international. Et pour cause, nous avons déjà des bus qui partent de Berlin et de Londres, d’autres parlent de venir en masse depuis la Suisse. Avec les outils de communication Facebook, on remarque que nos publications intéressent pas mal de pays d’Europe et du reste du monde. L’ironie du sort c’est que le Festival a une bien meilleure image dans les grandes villes européennes qu’en France. Le public est plus fin connaisseur à l’étranger. En France, le leadership des gros festivals a fait du mal. Désormais, si l’on ne voit pas de têtes d’affiche, les gens pensent que la bonne musique ne sera pas au rendez-vous. Ce qui en soit est parfaitement faux. En tous les cas, les berlinois et londoniens pètent un câble quand il voit les photos de notre château !

La France est le pays européen où le nombre de festivals est le plus important. En quoi le Château Perché Festival se démarque-t-il des autres événements ?

Le Château Perché Festival est un festival de taille réduite où l’expérience et la relation avec le participant pevent être soignées dans les moindres détails. De plus ce n’est pas un festival ou le public est parqué comme du bétail devant une scène. Ici, il voyage sans cesse dans l’environnement du Château de Chazeron, il s’émerveille et interagit avec lui. Avec le CPF, nous souhaitons offrir la possibilité au public de sortir du diktat des festivals français rassemblant des lines-up massifs et pensant que la techno s’appréhende comme le football. On propose de voir de vrais artistes underground. On est beaucoup plus proche du Fusion Festival (festival se déroulant sur un ancien camp militaire russe dans le nord de l’Allemagne, ndlr) que du Weather. Et pour avoir fait les deux, il n’y a pas photo. Le maître mot étant la liberté et c’est ce que l’on souhaite proposer au CPF.

Plus d’informations sur la page Facebook du Festival.

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Hugo Saadi

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