Musique

Dvd : la triste histoire de Clara Schumann

25 novembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

Changement de registre pour l’actrice allemande Martina Gedeck. Celle qu’on a vu recemment dans le rôle de  l’intello de la Rote Arme Fraktion, Ulrike Meinhof dans le film « La bande à Baader, de Bernd Eichinger, a aussi incarné la mythique Clara Schumann dans un film signé Helma Sanders-Brahms (« Allemagne, mère blafarde »). Vous pouvez désormais visionner cette version ciné des romances de Clara Schumann avec les compositeurs Robert Schumann et Brahms, chez vous grâce au Dvd Bodega films, sorti le 19 novembre.

En 1850, après des mois de tournée épuisants, Robert Schumann(Pascal Greggory)trouve enfin un poste fixe à Düsseldorf. Mais la fatigue des nerfs l’empêche de vraiment exercer cette fonction, si bien que c’est sa femme, Clara, qui en plus d’élever cinq enfants, a le culot de diriger un orchestre d’hommes pour les préparer à l’exécution du chef-d’oeuvre que son mari est entrain de composer : sa symphonie n°3, dite « rhénane ». Un jeune compositeur très prometteur, Johannes Brahms (Malek Zidi) arrive comme un ange à la rescousse du couple. S’occupant des enfants, et apportant une nouvelle énergie aux Schumann très préoccupés par les crises de Robert et son addiction au laudanum, il tombe amoureux de Clara, de quatorze ans son aîné.

Comme l’histoire d’Alma Mahler, de Lou Andreas-Salomé ou d’Anaïs Nin, la destinée de muse de plusieurs génies incarnée par Clara Schumann continue de fasciner. Le portrait de femme libre et forte,malgré les contraintes, qu’en fait Helma Sanders-Brahms est classique et surtout pudique. Mais le sur-jeu abominable de Pascal Greggory, la platitude des dialogues, et le côté viscontien des images amidonnées, plombent la subtilité des amours suggérées, l’érotisme parfaitement mature que dégage Martina Gedeck, et la fraîcheur sympathique d’un Malek Zidi à contre-emploi. A la décharge du film, enserrer un mythe dans des images et essayer de sortir une figure comme Clara Schumann de sa tragédie de femme qu’on s’imagine fatale n’est pas facile. De grands cinéastes se sont déjà cassés les dents sur de tels sujets, comme par exemple Liliana Cavani («  »Portier de nuit) dans l’évocation kitschissime des amours de Lou Andreas-Salomé (« Au-delà du bien et du mal », 1977).

Clara, de Helma Sanders-Brahms , avec Pascal Greggory, Martina Geddeck, Malik Zidi, 2006, Bodega films, sortie du Dvd le 19 novembre 2009, 20 euros.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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